Lycées professionnels : contre les fermetures et la réforme, la mobilisation continue

16 Novembre 2022

Mercredi 16 novembre à Paris, contre la fermeture de lycées, et jeudi 17 novembre dans toute la France contre la réforme de la voie professionnelle, s’annonçaient comme deux journées de mobilisation importantes.

En effet, cette réforme présentée par le gouvernement serait un pas considérable dans la liquidation du droit à l’éducation des élèves des classes populaires. Elle veut généraliser le modèle de l’apprentissage, en réduisant considérablement le temps où les élèves sont en classe au bénéfice des périodes de stage en entreprise. À terme, l’enseignement professionnel pourrait être essentiellement dispensé, non par des enseignants, mais par les patrons. L’enseignement général, réduit à la portion congrue, pourrait être assuré par un minimum de professeurs, en organisant une rotation des élèves au long de l’année dans de gros établissements fourre-tout.

Pour les travailleurs de l’éducation, un véritable plan de suppressions d’emploi découlerait de cette réforme, 5 000 postes selon les syndicats.

Ce qui se passe à Paris pourrait se passer dans les années à venir dans le reste du pays. La région Île-de-France, dirigée par Pécresse, a annoncé le 8 novembre, main dans la main avec le rectorat, la fermeture brutale de sept lycées à la rentrée prochaine, dont six lycées ou sites d’enseignement professionnel. Au moins deux autres lycées parisiens devraient fermer à la rentrée 2024. Les élèves de ces établissements seraient transférés, ou plutôt entassés dans d’autres lycées, parfois à l’autre bout de Paris.

Preuve de l’objectif des suppressions d’emploi en plus de l’opération immobilière, il n’est pas prévu le transfert des enseignants, surveillants et agents d’entretien dans les lycées receveurs. La région entame au contraire des entretiens individuels avec les agents, uniquement titulaires, en vue d’un réemploi qui pourrait être à l’échelle de l’Île-de-France. Aux enseignants titulaires, le rectorat fait miroiter la possibilité de passer devant d’autres enseignants au moment des mutations ou de prendre la place d’enseignants contractuels.

Mais dans chaque établissement, les envoyés de la région ou du rectorat venus présenter le projet peuvent constater l’opposition générale et unie de tout le personnel. Les réunions sont houleuses et animées avec manifestations, banderoles, slogans. De multiples liens se créent entre enseignants, élèves, parents d’élèves des lycées en lutte. Des assemblées se tiennent régulièrement, l’opposition se renforce et s’enracine. Les précédentes journées de grève ont été particulièrement suivies. Les deux journées de mobilisation des 16 et 17 novembre devaient encore approfondir le mouvement et peut-être lui donner une nouvelle dynamique.

Christian BERNAC