Police : Darmanin couvre les violences12/04/20232023Journal/medias/journalarticle/images/2023/04/P5-1_Darmanin_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C173%2C450%2C427_crop_detail.jpg

Leur société

Police : Darmanin couvre les violences

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin persiste et signe : pour lui il n’y a pas de violences policières. Et pour faire taire toute critique à l’égard de la police, il est allé jusqu’à menacer à mots couverts de priver de subventions publiques la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour avoir dénoncé « un usage immodéré » de la force à Sainte-Soline.

Illustration - Darmanin couvre les violences

« Je ne connais pas la subvention donnée par l’État, mais ça mérite d’être regardé dans le cadre des actions qui ont pu être menées », a ainsi déclaré le ministre. Et de suggérer également aux collectivités territoriales de faire de même. Après ­l’ultragauche et les factieux, même la paisible Ligue des droits de l’homme ne trouve pas grâce aux yeux du ministre de l’Intérieur.

Ce message du ministre était clair : il couvrira toutes les exactions des policiers, les assurant d’un soutien sans faille. Ces dernières semaines, ces violences se sont multipliées. À Sainte-Soline, la gendarmerie a fait usage de près de 5 000 grenades classées armes de guerre deuxième catégorie, dont les grenades GLM2 qui peuvent blesser grièvement et même tuer. Un manifestant est d’ailleurs encore entre la vie et la mort. Les plaintes pour arrestations arbitraires ou violences se sont multipliées. La Défenseure des droits a ainsi été saisie déjà cent fois : cela va du SDF qui a été roué de coups au jeune sur lequel un motard de la BRAV-M a roulé, en passant par les violences de Sainte-Soline. S’en prendre à ceux qui dénoncent ces violences revient à donner un chèque en blanc aux policiers.

Cette violence et les arrestations arbitraires ne sont pas des bavures individuelles. Elles sont le résultat d’une politique qui cherche à intimider les manifestants.

Loin d’atteindre son objectif, cette politique alimente la colère. La manifestation du 6 avril contre la réforme des retraites était tout aussi déterminée que les précédentes et de tout nouveaux manifestants sont venus en renforcer les rangs, montrant s’il en besoin qu’ils ne se sentent pas effrayés, à l’image de ces jeunes qui avaient sur leur pancarte : « Parfois en garde à vue, jamais au garde à vous ! »

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