SNCF

19 Janvier 2023

À la SNCF, la grève du 19 janvier a été très suivie, bien qu’elle n’ait été annoncée que le 10 janvier par les organisations syndicales.

En Île-de-France, la SNCF n’annonçait qu’un RER sur dix sur la plupart des lignes du Transilien. Même chose sur le réseau TER. Sur le réseau national, quasiment aucun train Intercités ne roulait et seulement un TGV sur trois ou sur cinq.

Les chiffres de participation à la grève n’étaient encore connus que dans les secteurs soumis à déclaration préalable. Elle était de 80 % au niveau national chez les conducteurs, 50 % chez les contrôleurs, 42 % chez les aiguilleurs. La participation était aussi très forte dans les ateliers de maintenance, entraînant des chefs ou des travailleurs habituellement non grévistes.

Ce succès est la réponse la plus nette aux mensonges et intoxications du gouvernement et des journalistes prétendant que la plupart des cheminots, ceux embauchés au statut, ne sont pas concernés par cette réforme des retraites. Au contraire, ils devraient tous travailler deux ans de plus et subiraient tout autant l’augmentation accélérée de la durée de cotisation que l’ensemble des travailleurs.

Dans toutes les assemblées, le rejet pur et simple de toute la réforme était une évidence.

Les cheminots ont connu nombre de mouvements sur les retraites, dont certains victorieux comme en 1995. Ils savent que seule une lutte déterminée et s’étendant à l’ensemble des travailleurs, du public comme du privé, pourra gagner. Ils étaient attentifs au succès de la grève et des manifestations dans tous le pays pour envisager la suite du mouvement.

Si, pour l’instant, les grévistes étaient dans l’attente des décisions de l’intersyndicale, il leur appartiendra de décider eux-mêmes de la suite de leur mouvement. La récente grève des contrôleurs, propagée par la base, sans appel syndical, montre que quand le carburant de la colère s’accumule, il peut s’enflammer.

Christian BERNAC