Panier anti-inflation : le dernier gadget du gouvernement

19 Janvier 2023

Le gouvernement envisage de créer un panier anti-inflation composé d’une vingtaine de produits alimentaires et d’hygiène. Il s’agirait notamment de produits tels que pâtes, riz ou sucre, choisis parmi les moins chers et qui seraient vendus à « prix presque coûtant ».

Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du Commerce et de l’Artisanat, a cependant déclaré aussitôt qu’il fallait que la mesure soit « faisable et intéressante aussi bien pour les consommateurs que pour la grande distribution ». Cette sorte d’aumône aux pauvres devrait donc être intéressante pour les profiteurs comme pour ceux sur lesquels ils prospèrent ! Cette déclaration signifie surtout qu’il n’est pas question pour le gouvernement de contraindre ces grands groupes capitalistes, ce qui ne surprendra aucun travailleur.

Les Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino, Intermarché et Système U contrôlent les trois quarts de la distribution. Cette position dominante leur permet d’accroître considérablement leurs profits en imposant leurs prix, et de manière plus générale leur loi. Mais, même s’ils acceptaient d’appliquer cette mesure, qui leur coûterait peut-être une goutte d’eau dans l’océan de leurs profits, en quoi cela freinerait-il la chute du pouvoir d’achat des classes populaires, quand tous les prix flambent, de l’alimentation à l’électricité ? Et pourquoi les travailleurs, qui produisent toutes les richesses, seraient-ils condamnés à se priver sur tout ?

Le gouvernement voudrait faire croire qu’il se préoccupe du sort des familles réduites à se priver même sur la nourriture. Il cherche ainsi à détourner l’attention de la question des salaires. Mais, pour ne pas subir les conséquences de l’augmentation des prix, ce sont bien eux qui doivent augmenter de plusieurs centaines d’euros et suivre l’augmentation des prix.

Aline RETESSE