CAC 40 : la pauvreté monte, les actionnaires encaissent

11 Janvier 2023

On vient de rendre public le montant des dividendes distribués en 2022 aux actionnaires du CAC 40, c’est-à-dire des quarante entreprises les plus riches du pays qui publient leurs comptes et sont référencées sur la Bourse de Paris : 80 milliards d’euros iront aux actionnaires de ces entreprises, soit presque un cinquième des recettes annuelles de l’État.

Cet argent c’est, pourrait-on dire, l’argent de poche distribué à une poignée de riches bourgeois, après que tous les frais des entreprises ont été amortis et que les provisions pour les investissements à venir et l’argent pour faire face aux mauvais coups éventuels a été mis de côté. Cet argent ne sert à rien sinon à remplir les poches d’une poignée de riches qui ne savent même pas quoi en faire. Et encore, on ne parle pas de l’enrichissement parallèle, lui tout aussi réel, qui accompagne cette distribution de milliards, avec l’augmentation du cours des actions émises. Plus l’entreprise distribue de dividendes, plus elle devient attirante pour les capitalistes, plus le cours de ces actions augmente et plus ceux qui en possèdent s’enrichissent en dormant. C’est donc vraiment tout bénéfice.

Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal, propre à une minorité de possédants en France, car il englobe l’ensemble du monde capitaliste. Un organisme chargé de réunir les résultats à l’échelle mondiale, Janus Henderson, chiffre la distribution de dividendes à l’échelle du monde à 1 540 milliards de dollars en 2022 (1 655 milliards d’euros). L’augmentation la plus forte est dans les secteurs industriels, avec plus 43,3 %, dans celui des matériaux de base, avec plus 24,8 %, et enfin dans les entreprises de l’énergie, avec une augmentation de 36,7 %. Et cela en plein milieu d’une crise qui ne fait que s’approfondir, et des appels, répétés partout, à de nouveaux sacrifices pour « sauver l’économie ».

Ces chiffres montrent entre autres à quoi servent et vont servir tous les reculs en cours, la dégradation des conditions de travail et de vie déjà imposées allant encore empirer.

Paul SOREL