Amiante : le préjudice d’anxiété refusé à 122 sidérurgistes11/01/20232023Journal/medias/journalnumero/images/2023/01/2841.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Amiante : le préjudice d’anxiété refusé à 122 sidérurgistes

Vendredi 30 décembre, 122 anciens salariés d’ArcelorMittal ont été déboutés de leur demande de reconnaissance du préjudice d’anxiété liée à l’exposition à l’amiante.

Ces ouvriers salariés réclamaient 15 000 euros d’indemnité à ArcelorMittal et voulaient faire reconnaître ce préjudice, comme l’avaient fait 732 mineurs de charbon au bout d’un périple judiciaire qui a duré plus de huit ans. Ce marathon a abouti à la condamnation de l’État – les houillères n’existant plus – à 10 000 euros d’indemnité pour chacun. Pendant ce temps judiciaire, des dizaines de mineurs sont décédés de maladie.

Les Prud’hommes de Thionville ont rejeté la demande des sidérurgistes sous prétexte que les faits étaient prescrits. En effet, jusqu’en mai 2013, le délai pour faire reconnaître une exposition professionnelle à l’amiante était de trente ans. En juin 2013, il est passé à cinq ans puis à deux ans, la date prise en compte étant celle où le salarié a quitté l’entreprise et non celle où il a eu connaissance du risque ! Si 732 mineurs ont pu faire reconnaîre en janvier 2021 le préjudice d’anxiété, 60 000 mineurs en retraite, à l’échelle du pays, ne le peuvent plus du fait de ces délais raccourcis.

Autant dire que cela assure l’impunité totale pour les patrons qui, dans bien des entreprises, ont utilisé massivement l’amiante, tout en sachant pertinemment le risque qu’ils faisaient courir aux travailleurs. Ces patrons ont pu parier sur le temps de la justice, un temps rythmé par les obsèques des copains d’usine victimes de l’amiante. Les 122 sidérurgistes ne lâchent pas l’affaire et ils ont décidé de faire appel.

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