Clinique Floréal – Bagnolet : “On ne veut pas de crocs ni de polaires mais du salaire !”30/11/20222022Journal/medias/journalarticle/images/2022/11/P11-1_greve_clinique_Floreal_C_LO.jpg.420x236_q85_box-79%2C0%2C720%2C361_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Clinique Floréal – Bagnolet : “On ne veut pas de crocs ni de polaires mais du salaire !”

Depuis mercredi 23 novembre, les travailleurs de la clinique Floréal, à Bagnolet en Seine-Saint-Denis, sont en grève pour 200 euros brut d’augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail.

Illustration - “On ne veut pas de crocs  ni de polaires mais du salaire !”

Depuis longtemps, le mécontentement s’accumulait, du fait du sous-effectif, de la précarité de l’emploi et surtout des salaires très bas et gelés alors que les prix explosent. Après des années de contrats précaires, une aide-soignante a été embauchée pour un salaire de 1 400 euros net. Mais c’est la réponse de la direction aux revendications des travailleurs, proposant des chaussures et des polaires, qui a mis le feu aux poudres. Les travailleurs ont pris cela comme une véritable gifle.

Dans cette clinique qui n’avait pas connu un seul mouvement depuis plus de trente ans, la grève est largement suivie : 65 % le premier jour, malgré les réquisitions imposées par l’État et la direction. De plus, tous les secteurs sont en grève : bureaux, stérilisation, ménage, soignants, brancardiers, maintenance, etc. Avec la grève, les travailleurs ont pu prendre conscience que, sans eux, la clinique ne tourne pas. Tous les jours défilent des ambulances pour emmener les patients vers d’autres cliniques, faute de pouvoir les soigner et les opérer à Floréal.

La direction fait mine de pleurer qu’elle n’a pas l’argent pour augmenter les salaires, mais c’est un énorme mensonge. La clinique a été rachetée le 15 décembre 2021 par le groupe Almaviva Santé, le 4e plus grand groupe de cliniques privées de France. Il appartient à 60 % au richissime fonds d’investissement koweitien WHI, avec une participation de l’État à 16 % par l’intermédiaire de Bpifrance. Alors que cette clinique a toujours fait énormément de profits, comme par hasard, depuis qu’elle a été rachetée par Almaviva Santé, elle déclare ne plus en faire. Le groupe étant constitué en groupement d’intérêt économique (GIE), cela lui permet de ne déclarer aucun profit et de faire remonter les bénéfices de chaque clinique vers la holding, qui enrichit ensuite ses actionnaires en leur versant de gros dividendes.

Les grévistes ont dix mille fois raison de ne pas se laisser piller par des capitalistes rapaces, pour qui posséder des cliniques n’a qu’un seul objectif : assurer la bonne santé de leurs profits, avec la caution et la participation de l’État.

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