Accidents du travail : le profit blesse et tue

30 Novembre 2022

Six cent quarante-cinq travailleurs du privé sont morts d’un accident de travail en 2021, selon les chiffres publiés le 17 novembre dans le rapport annuel de la Caisse nationale d’assurance maladie-risques professionnels.

L’organisme recense 604 565 accidents du travail durant l’année dernière.

Ces chiffres, dramati­ques, sont réputés très sous-estimés, car les patrons font pression sur les salariés, en particulier ceux qui sont en situation précaire ou sans papiers, pour ne pas se déclarer en accident du travail. Le taux de gravité de ceux-ci est au plus haut depuis 2010, avec 48,5 millions de jours d’arrêt pris à la suite d’un accident du travail. Ce bilan est lui aussi sous-estimé puisqu’il ne concerne que les 19,5 millions de salariés du privé. Les accidents graves et mortels touchent surtout les ouvriers. La précarité, la sous-traitance en chaîne sur les chantiers notamment, les pressions au rendement constituent l’arrière-plan à cette hécatombe.

La moitié des morts au travail recensés par la Cnam dans le secteur privé ont d’abord fait un malaise avant de succomber. Sur les chantiers ou dans les usines, une médecine du travail ou un encadrement médical permettant de porter rapidement les premiers secours sont absents ou ont disparu. Le lieu de travail est un désert médical qui ne dit pas son nom.

Chaque jour, plus d’un travailleur du privé est mort d’un accident en 2021. Ce bilan n’est pas une fatalité, mais le résultat de l’exploitation capitaliste, en France, dans cette première moitié du 21e siècle.

Boris SAVIN