“Valeur travail” : le problème, c’est l’exploitation !

21 Septembre 2022

La polémique sur la valeur travail s’est amplifiée dans tous les médias depuis la fête de l’Humanité. Fabien Roussel a de quoi être content : ses déclarations lui permettent de faire le buzz et de se démarquer de ses concurrents au sein de la Nupes.

Roussel explique ses propos, opposant une ­supposée « valeur travail » à l’assistanat, par le fait que le RN a pu séduire des électeurs dans les quartiers populaires, en se présentant comme le « parti du travail ». Il a même renchéri dans les colonnes du journal l’­Humanité contre « ceux qui défendent l’idée de mettre le RSA à 1 000 ­euros ». Roussel prétend ainsi prendre en compte la colère de salariés payés à peine plus. Mais en joignant sa voix à ceux qui opposent travail et allocations, que propose-t-il aux travailleurs ? Certainement pas d’y voir plus clair et d’identifier leurs ennemis !

Le patronat, quant à lui, peut d’autant mieux imposer bas salaires et conditions de travail dégradées qu’il s’appuie sur l’existence de millions de chômeurs pour faire pression sur les salariés et les pousser à accepter tous les reculs. Faire comme s’il existait deux catégories inamovibles, travailleurs d’un côté, assistés de l’autre, est, de plus, un mensonge. Chaque année, un quart des bénéficiaires du RSA en sortent, sans pour autant sortir de la misère car ils retrouvent souvent le chômage après une période de travail.

Le problème, pour les travailleurs, n’est pas de savoir s’ils sont pour ou contre une supposée « valeur travail » qui existerait indépendamment des capitalistes qui dirigent l’économie. Car ce sont ces derniers qui dictent leurs lois aux travailleurs, leur imposent des salaires insuffisants pour vivre ou les transforment en « assistés » quand ils jugent plus rentable de licencier.

Les travailleurs n’ont besoin ni de défenseurs d’allocations de survie ni, à l’inverse, d’attaques contre ceux d’entre eux qui sont privés d’emploi. Ils ont besoin d’objectifs pour combattre l’exploitation, pour se débarrasser des seuls véritables parasites, les capitalistes, qui accumulent des milliards sur leur dos.

Il faut défendre la répartition du travail entre tous et l’augmentation massive des salaires, en prenant sur les profits accumulés par les capitalistes. Cela signifie contester le pouvoir de cette classe capitaliste. Car ce n’est que dans une société débarrassée de sa domination que le travail pourra vraiment rendre sa dignité à l’humanité et que chacun pourra s’y épanouir. Une société communiste qui fonctionnera, suivant la formule de Marx, « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

Inès Rabah