Immigration : nouvelle loi, vieille démagogie

21 Septembre 2022

Jeudi 15 septembre, Macron a annoncé pour 2023 un nouveau projet de loi sur l’immigration. Il a lui-même jugé sa politique « inefficace, parce que nous nous retrouvons avec plus d’étrangers en situation irrégulière ; inhumaine, parce que cette pression fait qu’on les accueille trop souvent mal ». Comme si les étrangers étaient mal accueillis parce que trop nombreux !

Le chef de l’État a repris la vieille recette de tous les politiciens cherchant à caresser dans le sens du poil l’électorat réactionnaire. Il sera impitoyable contre les « mauvais étrangers », forcément en situation irrégulière, et qui ne chercheraient qu’à profiter d’aides sociales selon les xénophobes auxquels il veut plaire. Les centaines de travailleurs sans papiers de Uber Eats, du bâtiment ou de Chronopost, qui travaillent, vivent et luttent pour leurs droits dans ce pays lui ont, semble-t-il, échappé.

Quant aux migrants que Macron juge dignes d’être accueillis car munis d’un titre de séjour, il propose de les accueillir dans des régions rurales qui souffrent justement d’un déficit de population. Outre l’air pur, ils y trouveraient des conditions meilleures pour l’apprentissage du français et la formation professionnelle. Ce conte de fée a vite été démenti par les élus des communes rurales expliquant qu’ils voyaient mal comment ils pourraient accueillir dignement des immigrés dans leur village sans école, sans bureau de poste, sans médecin et sans emploi !

Pour mieux faire diversion, Macron et son gouvernement véhiculent et alimentent les préjugés contre les travailleurs immigrés.

Julie LEMÉE