Consultations gratuites : bluff et mépris du gouvernement

21 Septembre 2022

Dernière proclamation du gouvernement en matière de santé : « la prévention entre dans notre quotidien… » Et d’envisager que chacun ait droit au cours de sa vie à trois consultations médicales gratuites, à 25, 45 et 65 ans.

À 25 ans, il s’agirait de « faire le point sur les vaccins, l’activité physique, d’éventuelles addictions ou difficultés liées au début de la vie professionnelle ». À 45 ans, ce serait pour faire « un bilan sur l’activité physique et d’éventuels troubles de la santé mentale », sans oublier le dépistage de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Enfin, à 65 ans, il faudrait assurer « la prévention de la perte d’autonomie, le dépistage des cancers et de toutes les maladies qui peuvent être prévenues », sans compter une dimension psychologique liée au départ à la retraite. Et le site du gouvernement annonce que, « dès 2023, les Français pourront prendre rendez-vous pour ces consultations totalement remboursées par la Sécurité sociale. »

Mais avec qui ? La pénurie de médecins est telle que des généralistes débordés refusent de prendre de nouveaux patients, qui se retrouvent donc dans l’impossibilité de désigner leur fameux médecin traitant pourtant mis en place en… janvier 2006 ! De l’aveu de l’Assurance maladie, plusieurs millions d’assurés sociaux sont dans ce cas. Une partie des malades hésitent, puis renoncent même à se soigner. Quant à ceux qui ont la chance d’avoir pu déclarer leur médecin traitant, il leur faut néanmoins souvent attendre des jours et des jours avant d’obtenir un rendez-vous parce que le généraliste est débordé.

Des centaines de milliers de femmes et d’hommes, voire des millions, en particulier ceux dont la situation est la plus précaire, se retrouvent ainsi aujourd’hui privés de tout suivi médical, des examens biologiques et de toutes les techniques d’investigations. À qui le gouvernement espère-t-il faire croire que les médecins et les structures nécessaires qui vont avec vont tout à coup surgir pour « renforcer le volet prévention du système de santé français » ?

Sophie GARGAN