Fonderie MBF – Saint-Claude : grève contre la liquidation

21 Avril 2021

La grève à MBF, une fonderie d’aluminium de Saint-Claude, dans le Jura, a démarré le 30 mars à 19 heures. Depuis le début, elle a été totale.

En effet les travailleurs se retrouvent complètement acculés, le dos au mur, parce que l’usine doit être mise en liquidation, le 27 avril, avec 280 licenciements. Et cela par la faute de PSA et Renault dont ils sont un sous-traitant et qui ont réduit leurs volumes de commandes. Ainsi Renault ne commande plus que 130 000 pièces par an au lieu des 345 000 promises.

Aussi, c’est à ces grandes entreprises qu’ils sont allés réclamer le maintien de leurs emplois. La moitié de l’usine s’est déplacée à Sochaux, le 6 avril, pour demander des comptes à Stellantis (nouveau groupe issu de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler). Le 8 avril, près d’une centaine sont montés à Boulogne-Billancourt, devant le siège de Renault, contents d’avoir pu y retrouver d’autres sous-traitants et des travailleurs de Renault qui ont les mêmes problèmes et avec qui ils ont pu discuter. « On y a été, a expliqué en substance un gréviste, parce qu’il manque 10 millions de commandes de Renault pour que l’usine tourne. Et qu’est-ce que 10 millions pour Renault ? surtout que l’État lui a donné 5 milliards de subventions, l’an dernier ! C’est scandaleux ! L’argent public devrait servir à maintenir des emplois. » Ou bien, comme l’a dit un autre gréviste : « Renault veut faire produire ailleurs, comme en Espagne. On ne demande pas à ôter le travail aux autres ouvriers. Ce qu’on veut, c’est que le travail soit partagé entre tout le monde. »

Lors de la dernière manifestation, samedi 17 avril, les travailleurs de la Fonderie appelaient la population de Saint-Claude à les rejoindre. Elle a réuni un millier de personnes, non seulement de la ville mais venues aussi d’usines de Champagnole et de Lons-le-Saunier, comme SKF.

Devant leur ténacité et leur détermination, le conseil régional s’est senti obligé de promettre une aide financière pour payer les salaires d’avril, les repreneurs éventuels ayant ainsi un délai supplémentaire. « Même ça, on ne l’aurait pas eu si on n’avait pas bougé, » a dit l’un des grévistes. « On ne sait pas si on va gagner mais on ira jusqu’au bout ; car on est des hommes et quand on est un homme, il faut se tenir debout ! » a conclu un autre gréviste.

Correspondant LO