Centres d’appel – Caen : nouveau confinement, nouvelle galère

21 Avril 2021

Au centre d’appel Armatis, à Caen, 80 % des 450 salariés sont en télétravail. La direction ne souhaite pas spécialement développer le chômage partiel, même pour les salariés qui doivent maintenant s’occuper de leurs enfants dans la journée, et rien n’a été prévu pour ce nouveau confinement.

« Tous les salariés qui ne peuvent pas télétravailler, parce que leur poste ne le permet pas ou parce que cela n’est pas gérable avec les enfants à la maison, pourront bénéficier de l’activité partielle pour garder leurs enfants. Cela ne coûtera rien aux entreprises. » La déclaration de la ministre du Travail, Élisabeth Borne, se voulait surtout rassurante pour les entreprises, d’autant qu’aucun patron n’est obligé d’appliquer cette mesure.

Les travailleurs d’Armatis doivent donc se débrouiller. Certains prennent sur leurs pauses pour s’occuper des enfants, si bien qu’il leur arrive d’avoir « épuisé » les pauses de la journée dès 11 heures du matin. Avec les logiciels qui surveillent faits et gestes des téléconseillers, chaque coupure peut devenir un motif de sanction pour ces travailleurs, sans leur accorder pour autant le temps nécessaire aux enfants.

Dans un premier temps, la direction d’Armatis a proposé aux travailleurs de prendre sur leurs congés annuels. C’était inacceptable et un préavis de grève a alors été déposé. Finalement, une cinquantaine de salariés ont pu obtenir le chômage partiel.

Dans un autre centre d’appel de l’agglomération, Webhelp, la direction a mis en chômage partiel les travailleurs parents d’enfants de moins de huit ans, considérant sans doute qu’au-dessus de cet âge les enfants étaient capables de gérer seuls scolarité, loisirs et repas !

Le gouvernement ferme les écoles et oblige au télétravail : pour les travailleurs, c’est « débrouille-toi avec tes enfants… et avec ton patron ».

Correspondant LO