Ce sont les travailleurs qui payent

26 Septembre 2018

Lundi 24 et mardi 25, septembre les ministres sont allés vendre leur projet de budget pour 2019 à la télévision et à la radio.

Exercice difficile, car il leur était demandé de nier la réalité, à savoir la mise en place d’un budget de guerre aux classes populaires et de cadeaux au grand patronat et aux classes riches.

Certes, ce n’est pas une nouveauté, mais c’est en tout cas une continuité, qui aggrave chaque année encore plus les conditions d’existence de millions de travailleurs, retraités et chômeurs.

Si les patrons gémissent par principe sur le « poids de l’impôt », tandis que les gouvernements successifs expliquent que l’allègement des taxes aux entreprises est l’antidote du chômage, la réalité reste que l’impôt pèse avant tout sur les classes laborieuses.

Pour 2018, l’impôt payé en totalité par la classe travailleuse, qui n’exploite personne, consiste d’une part en TVA, payée sur tout ce qu’on achète, qu’on soit SDF, chômeur, retraité à 700 euros par mois ou milliardaire, pour un total de 152,8 milliards.

D’autre part, la taxe sur la consommation des produits énergétiques, essence, gasoil, gaz domestique, payée par les particuliers pour leurs déplacements ou le chauffage de leur maison rapporte 13,3 milliards d’euros.

Ainsi, 166,1 milliards d’impôts indirects, 55 % des recettes, reposent sur l’ensemble des classes populaires, quelles que soient leurs ressources, salaire, pension ou indemnités.

Vient ensuite l’impôt sur le revenu, qui n’est certes pas payé par les plus pauvres, mais qui repose pour l’essentiel sur les salariés ou retraités qui, loin d’être des riches ou des privilégié, ont un salaire ou une retraite supérieure à 1300 euros par mois. Le montant devrait en être de 72,7 milliards d’euros.

Du côté du patronat, l’impôt sur les sociétés n’est calculé que sur les bénéfices déclarés des patrons, après soustraction de tous les dégrèvements accordés par les gouvernements successifs. Son montant va péniblement atteindre la somme de 25,3 milliards, soit 8,37 % du montant total des impôts collectés.

Au demeurant, l’impôt national est loin d’être le seul supporté par les classes populaires. Car l’immense majorité des 250 milliards dépensés en 2017 par l’ensemble des collectivités territoriales ont été financés par l’argent pris au niveau local dans le porte-monnaie des travailleurs et retraités.

Paul SOREL