Baisse des contrats aidés : une attaque de plus

26 Septembre 2018

Il n’y aura donc que 130 000 emplois aidés financés pour 2019, au lieu des 200 000 annoncés. Depuis fin 2016 où, selon la Dares, ils se montaient à 497 000, leur baisse est donc dramatique.

Alors que le gouvernement prétend vouloir lutter contre le chômage, il a pratiqué une saignée dans l’emploi public qui va encore fragiliser les plus démunis. D’un côté les chômeurs à bout de ressources, ne vivant plus que grâce aux minima sociaux et à qui ces emplois permettaient de sortir un peu la tête hors de l’eau, de l’autre des usagers qu’ils aidaient à surmonter les difficultés. Dans l’éducation nationale, ils étaient aux côtés d’enfants handicapés ou d’élèves en difficulté, ils participaient à l’accueil et aux activités périscolaires ; dans le domaine de la santé, ils soulageaient les familles ayant à s’occuper de malades ou d’adultes dépendants ; au sein des collectivités locales, ils étaient indispensables au bon fonctionnement de certains services municipaux ainsi qu’aux associations qui contribuent au tissu social d’une ville, etc.

Le gouvernement se justifie en disant que cela correspond au nombre de contrats signés cette année. Mais il ne dit pas que s’il y a eu une baisse en 2018 par rapport à ce qui avait été prévu, c’est bien parce que la donne avait changé. Rebaptisés « Parcours emploi compétence », ces emplois n’étaient plus pris en charge par l’État qu’à 50 % du smic horaire brut, alors que le taux de couverture était auparavant de 60 à 85 %. Par conséquent, nombre de collectivités locales n’avaient plus les ressources nécessaires pour les financer.

Les ministres, à commencer par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et le Premier ministre, répètent à l’envi que les contrats aidés ne sont pas une solution. Certes, nombre de ces emplois ne sont que temporaires ou à temps partiel et ne permettent pas de faire face aux dépenses quotidiennes, mais ce n’est pas en les supprimant que les travailleurs pourront s’en sortir. Quant au gouvernement, qui dit vouloir favoriser les embauches avec de vrais contrats de travail pérennes, il ne manque pas de culot. Il ose prétendre qu’il va trouver un vrai boulot aux chômeurs, alors que ce n’est qu’un prétexte pour distribuer aux entreprises une partie de l’argent qui était auparavant dévolu aux premiers !

Marianne LAMIRAL