Porte-avions français dans le Golfe : mortelle démonstration commerciale

25 Février 2015

Ministres et commentateurs l’ont annoncé fièrement : depuis lundi 23 février le porte-avions Charles-de-Gaulle, navire amiral de la flotte française, est dans le golfe Persique. Plusieurs avions Rafale ont déjà décollé, sous l’œil attendri du ministre de la Défense, et sont partis survoler les zones tenues par l’organisation État islamique. Car le porte-avions et son escorte, les 3 500 aviateurs et marins, les fortunes dépensées en munitions, carburant, matériels, tout cela participe à la « guerre contre le terrorisme » en Irak.

C’est pourtant justement en bombardant, en occupant l’Irak, en faisant subir les pires sévices à la population, puis en encourageant diverses bandes armées, que les puissances occidentales ont donné naissance aux terroristes d’EI. En poursuivant la même politique, elles n’aboutiront qu’à faire naître d’autres générations de terroristes.

La présence du porte-avions français ne réglera évidemment rien. Les bombes made in France, les missiles tirés par les Rafale de Dassault ne feront qu’ajouter des morts aux morts, le chaos au chaos. Mais l’impérialisme français aura montré sa puissance, sa fidélité à l’alliance avec les États-Unis et l’excellence de son matériel, et cette dernière raison n’est peut-être pas la moindre.

Ainsi, immédiatement après avoir vendu des Rafale et des navires à l’Égypte, le ministre de la Défense Le Drian est venu les voir fonctionner « en situation » sur le Charles-de-Gaulle. Puis il est parti pour l’Inde, où un nouveau marché de Rafale est en discussion. La mission antiterroriste du porte-avions a tout de la démonstration commerciale grandeur nature et, dans toute l’affaire, le sort des populations irakiennes ne compte guère.

Paul GALOIS