Levothyrox : le voile se lève07/12/20222022Journal/medias/journalnumero/images/2022/12/2836.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Levothyrox : le voile se lève

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a été mise en examen le 5 décembre pour « tromperie » dans le cadre de l’enquête menée sur la nouvelle formule du Levothyrox des laboratoires Merck proposée depuis 2017.

Fin octobre 2022, la filiale française de ce laboratoire avait déjà été mise en examen pour « tromperie aggravée ». Le Levothyrox est un médicament utilisé dans le traitement des maladies de la thyroïde. depuis le changement des excipients en 2017, la molécule restant la même, de nombreux patients s’étaient plaints d’effets secondaires tels que crampes, maux de tête, vertiges, etc. Ils avaient demandé que Merck recommercialise l’ancienne formule. Ce changement de formule avait été agréé par l’ANSM, qui valide la sécurité des médicaments, et Merck affirmait haut et fort que le « nouveau » Levothyrox n’était absolument pas nocif et les plaintes des malades parfaitement injustifiées.

Tel n’a pas été l’avis du tribunal de Marseille, qui avait condamné Merck en 2020 pour « préjudice moral » et l’avait contraint à indemniser 3 329 victimes à hauteur de 1 000 euros chacune. Cela contredisait l’avis rendu en 2019 par l’ANSM qui concluait, d’une étude sur plus de deux millions de patients, que le nouveau Levothyrox n’avait pas engendré de problèmes de santé graves. Entre-temps l’ancienne formule du médicament avait été partiellement remise en vente.

L’ANSM et Merck se retrouvent en tout cas accusés de tromperie pour l’un et de tromperie aggravée pour l’autre. Voilà au moins un scandale sanitaire qui ne passera pas complètement sous la table et qui met en évidence les responsabilités du laboratoire, l’un des plus puissants au monde, et de l’ANSM chargée de défendre la santé des patients mais que l’on a vue soigner davantage la santé des profits des industriels.

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