Prix alimentaires : les géants du secteur se gavent

02 Novembre 2022

Les géants de l’agroalimentaire, Danone, Nestlé, Coca-Cola et d’autres, ont annoncé des hausses de leur chiffre d’affaires et des profits impressionnants. Ils ont en effet réussi à compenser la baisse des volumes de vente en augmentant leurs tarifs !

Tout le monde le note : dans les supermarchés, les prix ne cessent d’augmenter ; ou bien, pour le même prix, les quantités vendues ont été réduites. La bouteille d’un litre est souvent remplacée, en douce, par une bouteille de 75 cl. De l’aveu même des dirigeants de ces groupes, ces hausses de prix ne sont pas nécessairement dues aux hausses des prix de l’énergie. Le directeur de Danone France a expliqué, par exemple, que les bouteilles d’Évian de 50 cl sont plus chères parce qu’elles sont faites « en plastique qui provient de bouteilles déjà utilisées » et que, selon lui, « le débat, c’est le modèle qu’on veut ». Si on veut « de l’économie circulaire, une protection de la planète », dit-il, il faut payer le prix !

La grande distribution a prétendu défendre le consommateur en cherchant à négocier avec ses fournisseurs des hausses modérées, en allant dans certains cas jusqu’à cesser de vendre certains produits. On peut voir alors des rayons vides avec des étiquettes disant : « Chers clients, nous sommes désolés de vous informer que vous ne trouverez pas les produits de notre fournisseur.» C’est ce qu’ont fait les enseignes Intermarché et Casino en retirant des rayons les fameuses bouteilles d’Évian de 50 cl.

Le calcul des distributeurs est de mettre en avant leurs propres produits, prétendument meilleur marché, mais dont ils ont aussi fait monter les prix, parfois plus que ceux des industriels. Un bras de fer est ainsi engagé entre la grande distribution et les grandes marques de l’agroalimentaire à l’échelle internationale. En Allemagne, des produits Danone ont été retirés des rayons des supermarchés Aldi et Lidl. Les barres chocolatées du géant américain Mars l’ont été des deux plus importantes chaînes de distribution du pays. Quant aux clients, ils ne peuvent que subir les augmentations de prix, qu’ils viennent de la grande distribution ou des industriels.

Pierre ROYAN