Lidl : publicité mensongère

02 Novembre 2022

À la recherche de 2 000 à 2 500 travailleurs pour faire tourner ses 200 nouveaux magasins en cours d’ouverture en France, Lidl ne recule devant aucun mensonge.

À en croire la dernière campagne publicitaire, il ferait bon travailler, voire bon vivre dans les magasins Lidl.

Ces dernières années, Lidl s’est fait connaître au contraire pour ses conditions de travail particulièrement dures, ses salaires bas, les pressions incessantes des chefs et même le suicide de certains de ses employés. Pour tenter de recruter les travailleurs dont le groupe a besoin, les publicités Lidl fleurissent dans les magasins de l’enseigne, vantant les conditions de travail et les salaires de l’entreprise. Les affiches titrent par exemple : « équipiers polyvalents 35 heures – 2 000 euros », tout en promettant « bien plus qu’un job chez Lidl ! » Mais, à la lecture des notes écrites en petits caractères en bas d’affiche, on apprend qu’il s’agit de 2 000 euros brut, soit environ 1 560 euros net par mois. Et ce prétendu salaire d’embauche est encore à revoir à la baisse. Ainsi, la prime d’ancienneté y est abusivement intégrée, puisqu’un nouvel embauché n’y a droit qu’après trois ans en CDI à temps plein chez Lidl, outre le fait qu’une prime ne fait pas, par définition, partie intégrante du salaire.

Pour connaître la réalité, il vaut mieux lire les fiches de postes de recrutement actuellement publiées par Lidl. Un équipier polyvalent à temps plein, c’est-à-dire un travailleur qui jongle entre la caisse, la mise en rayon et le nettoyage d’un magasin, perçoit ainsi 1 330 euros net après un an d’ancienneté, avec un 13e mois. De plus, les temps partiels imposés, autour de 20 à 30 heures par semaine, sont la règle pour une majorité de travailleuses. Elles ne touchent alors que 1 140 euros net par mois, toujours avec un 13e mois, pour une semaine de 30 heures. C’est dire si on est loin des prétendus 2 000 euros des affiches de Lidl.

Les patrons peuvent prétendre ce qu’ils veulent , les travailleurs, eux, savent à quel point les salaires sont insuffisants depuis des années, et le sont toujours davantage face à l’envolée des prix.

Marlène Stanis