Hôpital Saint-Antoine – Paris : des suspensions scandaleuses

22 Septembre 2021

Depuis le 15 septembre, les suspensions d’hospitaliers n’étant pas vaccinés avec au moins une dose ont débuté. Vingt-trois travailleurs ont été suspendus à l’hôpital Saint-Antoine, sur 3 000 personnes y travaillant, et 70 sur l’ensemble du groupe hospitalier, qui regroupe sept hôpitaux d’Île-de-France et un effectif de 15 000 personnes.

Ces salariés ont été convoqués à la DRH pour se voir remettre leur suspension, qui entraînera automatiquement une perte de salaire correspondant à la durée de celle-ci, mais aussi une perte de congés annuels. De même, le temps de suspension n’est plus compté pour l’avancement d’échelon ou pour la retraite.

Quelques jours avant la date du 15 septembre, un certain nombre de salariés avaient déjà été vus par la DRH pour « un rappel à la loi et une demande de se mettre en conformité ». Lors de ces entretiens, la possibilité de prendre sur le reliquat de congés ou une mise en disponibilité de la fonction publique hospitalière permettant de travailler ailleurs avait été évoquée. Mais, après le 15 septembre, plus aucun autre choix n’était donné qu’entre la vaccination et la suspension. Même démissionner de l’Assistance publique pour travailler dans un autre secteur n’est pas chose aisée et peut prendre plusieurs mois, sans salaire évidemment.

Les salariés suspendus mettent en avant leur refus de se faire vacciner, mais aussi les conditions de travail qui se dégradent et que la crise du Covid n’a en rien arrangées. Bien au contraire, elle a accéléré la dégradation. L’augmentation de salaire de 183 euros par mois du Ségur de la Santé est finalement trop faible et trop tardive pour compenser les difficultés du travail au quotidien et n’a pas permis de retenir les soignants à l’hôpital.

Il est évident que la vaccination est un progrès. Mais le gouvernement, qui n’a strictement rien fait pour embaucher des soignants supplémentaires dans les hôpitaux, qui n’a même pas fait embaucher ceux qui sont en CDD depuis des mois ou des années, qui n’a pas accéléré la formation de soignants en interne, etc., a montré que son souci n’est pas de mener une politique de santé dans l’intérêt de l’ensemble de la population.

Cette façon de rendre les non-vaccinés responsables cherche à jouer sur la division entre vaccinés et non-vaccinés, pour éviter de répondre aux problèmes cruciaux de la santé publique.

Correspondant LO