Handicapés : le mépris gouvernemental

22 Septembre 2021

Jeudi 16 septembre, dans une quarantaine de villes, des rassemblements ont eu lieu pour exiger un autre mode de calcul de l’allocation pour adulte handicapé (AAH), dont le montant dépend du fait que l’adulte handicapé vit ou non en couple.

L’AAH est plafonnée à 904 euros, ce qui est tout à fait insuffisant pour vivre. De plus, elle diminue si le salaire du conjoint est supérieur à 1 020 euros par mois, et elle peut même disparaître. Près de 300 000 personnes se trouvent dans cette situation et la vivent comme une humiliation, puisqu’elle renforce leur dépendance et qu’on les traite en individus mineurs. C’est encore plus grave pour les ménages pauvres et en particulier pour les femmes car, comme l’a déclaré une responsable de l’association APF France handicap, les femmes handicapées subissent bien plus de violences conjugales que les femmes valides et ont encore plus de mal à fuir leur foyer.

En février 2021, devant les mêmes problèmes, la secrétaire d’État aux Personnes handicapées avait déjà refusé tout changement de calcul. C’était, entre autres, au nom de la solidarité dans le couple, du refus de donner un mauvais exemple en supprimant un mode de calcul utilisé pour d’autres aides sociales comme le RSA, l’allocation de solidarité aux personnes âgées, etc. Bien d’autres arguties sur le mode de calcul étaient avancées pour éviter le problème de fond : la nécessité de donner aux handicapés les plus démunis de réels moyens de vivre, de façon autonome, ce que devrait faire une société civilisée pour tous ceux qui sont trop malades ou âgés.

Et il paraît qu’en 2020 Macron a déclaré le handicap « grande cause nationale » !

Sylvie MARÉCHAL