Nos lecteurs écrivent Avec UberEats, un drôle de partenariat

28 Avril 2021

Je travaille comme livreur en scooter pour l’entreprise UberEats. Officiellement, je ne suis pas un salarié mais un partenaire, comme ils le rappellent dans les messages qu’ils nous envoient.

En temps normal, notre rémunération n’est pas fixe mais dépend du nombre de livraisons effectuées. Ce que nous touchons pour chaque livraison est calculé automatiquement par l’application en fonction de la distance à parcourir entre le restaurant et le client. Nous ne sommes rémunérés que pour le temps de déplacement. Autrement dit, tous les moments durant lesquels nous attendons que l’application nous propose une livraison dans notre secteur, que le restaurant prépare la commande que le client vienne chercher son repas, sont du temps de travail non rémunéré.

Sur les créneaux où UberEats s’attend à une augmentation des commandes, l’entreprise nous lance ce qu’elle appelle des challenges. Elle promet une rémunération minimale, indépendante du nombre de livraisons réalisées, pour chaque heure effectuée sur ces créneaux et des primes supplémentaires si nous réalisons un nombre donné de commandes.

C’est en réalité un bon moyen de renforcer la pression sur les livreurs soumis à une condition stricte : la rémunération garantie et les primes promises sur les heures de pointe ne sont versées que si toutes les commandes proposées par l’application sont réalisées, et qu’aucune n’a été annulée par le livreur ! Or, il arrive bien souvent qu’à cause de problèmes durant la livraison (le client n’a pas indiqué le bon code d’entrée, il est injoignable sur son téléphone…), on se retrouve dans l’impossibilité de livrer le paquet qu’on est allé chercher au restaurant. On se retrouve alors dans l’obligation d’annuler la commande et on perd toutes les primes.

Ces dernières semaines, je gagne en moyenne 24 euros pour quatre heures de travail en soirée et certains soirs, à peine de quoi payer l’essence de mon scooter, qui est à mes frais. En somme, UberEats accumule les profits, et les livreurs touchent une misère. Telles sont les joies du partenariat !

M., un lecteur de Paris