Hommage à Samuel Paty : l’instrumentalisation du gouvernement

11 Novembre 2020

Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 400 incidents de la part d’élèves lors de la minute de silence en hommage au professeur assassiné, Samuel Paty, le 2 novembre.

Il voulait faire de ce recensement un acte de lutte contre le terrorisme, alors que cela entre dans l’utilisation scandaleuse par le pouvoir de la mort de ce professeur.

Les enseignants avaient en effet reçu la consigne de dénoncer toute perturbation de cette minute de silence et tout propos contestataire de la part des élèves. Mais cette consigne permettait de mettre dans le même sac certains élèves tenant des propos douteux et des incompréhensions d’adolescents, des actes d’immaturité ou encore des réactions à la campagne ­antimusulmans en cours.

Ces incidents ont débouché sur des sanctions diverses, allant jusqu’à la garde à vue pour des enfants en CM2. Finalement, le chiffre de 400 incidents rapportés est relativement faible et la grande majorité des enseignants n’ont sans doute pas voulu rentrer dans le jeu gouvernemental.

En effet beaucoup d’élèves et d’enseignants ont ressenti, à juste titre, que l’assassinat de Samuel Paty a été instrumentalisé, et avaient envie de se démarquer de cette opération gouvernementale. L’hypocrisie de la référence à la liberté d’expression incitait à elle seule à la contestation, quand on sait que tous étaient censés appliquer les consignes sans discuter, et lire un texte de Jean Jaurès… tronqué.

Ceux qui veulent réellement combattre la montée des idées réactionnaires nocives, qui vont de la sympathie envers les terroristes jusqu’au racisme anti-immigrés, doivent convaincre, discuter, débattre avec les élèves, et non faire taire et marcher au pas.

Thomas Baumer