Échos du mouvement

05 Décembre 2018

Région lyonnaise

À Lyon, le 1er décembre, deux cents gilets jaunes, des travailleurs de toute sorte, ouvriers, artisans, employés d’Ehpad, jeunes de foodtrucks, sont partis de la place Bellecour et ont rejoint trois cents étudiants, mobilisés contre les hausses des frais d’inscription pour les étudiants étrangers.

À Bourg-en-Bresse, lundi 3 décembre, deux lycées de la ville étaient bloqués par les jeunes, rejoints par les gilets jaunes venus leur distribuer des tracts. Une manifestation commune bon enfant s’est déroulée dans les rues de la ville et les discussions étaient faciles. Un gilet jaune remarquait : « Les jeunes sont comme leurs parents : ils ne s’en sortent pas. Les parents sont dans la rue, les jeunes aussi. » Un lycéen lui faisait écho : « Ici on doit passer le permis, il coûte trop cher (…) On est nombreux à travailler chez McDo le week-end, ce n’est pas normal .» Il ajoutait : « On ne nous a pas demandé notre avis pour le service national. On n’en veut pas. »

Dans le Nord

À Lille, le 1er décembre, partis de deux points différents, 1 000 gilets jaunes et 500 manifestants du cortège syndical se sont finalement rejoints. Le slogan « Tous ensemble » lancé par la sono de CGT a été repris par une grande partie des gilets jaunes, celui de « Grève générale » beaucoup moins, mais globalement cette jonction des deux manifestations a été appréciée des participants.

Au rassemblement des gilets jaunes, lors de prises de parole, beaucoup de travailleurs ont raconté leur galère quotidienne – les problèmes de retraite, d’allocations pour handicapés…– tout en la comparant à la vie des ministres et aux retraites des présidents.

Dijon

Le 1er décembre, la CGT n’appelant pas à manifester, la manifestation gilets jaunes de Dijon a regroupé plus de 1 000 personnes : avant même d’avoir fait cent mètres sur le chemin de la préfecture, le cortège s’est retrouvé face aux CRS et aux gaz lacrymogènes. Les manifestants ont modifié leur itinéraire et défilé aux cris de « Macron démission ». Dans les discussions, beaucoup dénonçaient les retraites et les salaires trop faibles, le chômage des jeunes. Certains accusaient les CRS d’avoir déclenché la violence : « On n’est pas des casseurs, c’est eux qui la provoquent. »

Rennes

Le rassemblement du 1er décembre des gilets jaunes a choisi d’aller à la rencontre de celui des syndicats. Une manifestation regroupant les gilets jaunes et la majorité des participants au cortège syndical a donc défilé en ville. Cela a été l’occasion de dénoncer ensemble la société des riches avec des slogans largement repris : « La vie est trop chère, on ne va pas se laisser faire », « Augmentez les salaires et les retraites», « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, de cette société-là, on n’en veut pas ». Puis, lors de nombreuses rencontres, des discussions fraternelles ont porté sur la situation et les combats à mener contre le pouvoir en place et le grand patronat.

Dans l’Est

Le 1er décembre, à Montbéliard, 700 personnes dont 120 gilets jaunes, des retraités et des travailleurs, en particulier de PSA, ont défilé en scandant des slogans de la CGT, contre la vie chère, contre Macron, et le « Gilets jaunes, gilets rouges, crions plus fort ! » C’était le plus gros rassemblement de la journée.

À Metz, le rassemblement a été suivi d’une manifestation en ville : 300 personnes, des militants CGT, PC, LO, et 200 gilets jaunes. Dans les rangs de la CGT, plusieurs regrettaient que la confédération ait accusé les gilets jaunes d’être d’extrême droite.

Des affrontements avec lacrymogènes se sont produits au barrage à Saint-Avold, où les gilets jaunes sont nombreux et organisent un blocage avec les salariés de Neuhauser menacés de licenciement.