Horaires nocturnes : Monoprix persiste

24 Octobre 2018

Alors qu’en septembre, la justice n’avait pas autorisé Monoprix à faire travailler ses salariés entre 21 heures et 6 heures du matin, l’enseigne est repartie à l’attaque.

Après avoir fait quelques concessions, notamment salariales, elle vient d’obtenir la signature des deux syndicats, la CFDT et la CFE-CGC, qui avaient déjà approuvé le précédent accord de 2016.

Ainsi, les heures travaillées au-delà de 21 heures seront majorées de 5 à 15 %, les frais de taxis seront intégralement remboursés en l’absence de transports en commun, et la prime pour garde d’enfant doit passer de 500 à 1 000 euros annuels. C’est certes plus que les précédentes propositions, et, vu la faiblesse de leurs salaires, il n’est pas étonnant que Monoprix trouve des travailleurs prêts à postuler pour ces horaires parce qu’ils ont besoin d’un supplément pour boucler leurs fins de mois. Mais rien ne dit que cela se fera toujours au volontariat et, de toute façon, s’user la santé parce que le patron refuse de payer correctement ses salariés ne peut être une solution. D’ailleurs, le jugement du 7 septembre avait fait valoir que le travail de nuit devait prendre en compte la protection de la santé des salariés et être justifié par une utilité sociale, ce qui n’est évidemment pas le cas.

Vu l’acharnement que met Monoprix à vouloir ouvrir ses commerces le plus tard possible, y compris ceux qui n’entrent pas dans le cadre des ZTI (zones touristiques internationales) où la loi autorise les horaires nocturnes, on peut se dire que l’entreprise a fort à y gagner. Les employés des magasins, eux, auraient au contraire tout à gagner à une augmentation de leurs salaires assez importante pour leur permettre de ne pas avoir des journées de travail à rallonge.

Marianne LAMIRAL