La Poste – Bordeaux : colis-postiers en grève

23 Novembre 2022

Les postiers de deux centres de distribution des colis de la région bordelaise ont fait grève depuis le 2 novembre pour une prime de polyvalence.

Si, à Saint-Médard-en-Jalles, le travail a repris le 16 novembre après deux semaines de débrayages quotidiens reconduits chaque jour en assemblée générale, le mouvement continuait à l’Hôtel logistique urbain (HLU) de Bordeaux Nord. Là, le mouvement a commencé le 2 novembre avec 35 grévistes sur 40 colis-postiers pendant deux jours de grève complets. Il s’est poursuivi avec des débrayages de 2 heures à 3 h 30 par jour. Les colis-postiers touchent pour beaucoup un salaire autour de 1 350 euros. Ils revendiquent cette prime de polyvalence de 7 euros par jour, soit 150 euros par mois : une simple mesure d’égalité, car cette prime est touchée par leurs collègues rouleurs du Courrier, qui travaillent dans le même centre.

C’est en assemblée générale que les débrayages sont votés, non seulement la durée mais aussi les créneaux horaires afin que la direction ait du mal à organiser des distributions parallèles. Ainsi, certains jours, ils débrayent à la prise de service, d’autres fois à 8 ou à 9 heures. Récemment, ils ont débrayé après avoir chargé les colis dans les camions. La direction ne découvre tout cela qu’au dernier moment, ce qui la déroute totalement.

Jeudi 17 novembre, une vingtaine de grévistes, soutenus par la CGT et SUD, se sont invités à une réunion de concertation entre les syndicats et la direction. Quand celle-ci est arrivée, elle a été surprise mais n’a pas vraiment osé contester cette présence. Mais certains syndicats, CFDT et UNSA, l’ont fait, faisant aux grévistes des leçons de dialogue social et leur expliquant qu’ils avaient déjà négocié et « presque » obtenu une prime de 150 euros, dont 50 en chèques cadeaux. Les grévistes, très remontés, les ont envoyés promener et sont sortis pour voter la reconduction de la grève pour le lendemain. Ils sont fiers non seulement d’avoir relevé la tête mais aussi de l’organisation démocratique de leur mouvement, où tout est décidé collectivement. Et si 20 parmi les 40 ont arrêté le mouvement, il n’y a pas de coupure entre grévistes et non-grévistes.

Jusque-là, les grévistes se sont heurtés à un mur, la direction multipliant les menaces à leur encontre. En fait, le problème posé est celui des salaires de l’ensemble des postiers, bien trop faibles, qu’on soit aux Colis, au Courrier ou aux guichets. Il faudra s’y mettre tous ensemble pour obtenir les 300 euros qui manquent sur la paye.

Correspondant LO