Immigration : démagogues xénophobes à l’œuvre

23 Novembre 2022

Après que le gouvernement a décidé de permettre à l’Ocean Viking d’accoster à Toulon, la droite et l’extrême droite se sont déchaînées. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait pourtant, au mépris de la simple humanité, parqué ces migrants rescapés de la noyade dans une zone d’attente créée spécialement à cette intention dans un village de vacances à Hyères.

Les associations d’aide aux migrants ont ­dénoncé les conditions de détention, rappelant que ces personnes avaient besoin de soins médicaux et de ­réconfort. Mais, cédant à la pression des ­démagogues xénophobes, le gouvernement avait cherché à démontrer qu’il ne faisait pas preuve de laxisme, en annonçant rapidement l’expulsion de 44 migrants.

Les entretiens organisés par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) ont été menés sans interprète, sans confidentialité, sans informer les migrants de leurs droits. 123 d’entre eux ont été ainsi déboutés de leur demande de droit d’asile. Parallèlement, le gouvernement a été obligé d’héberger les mineurs dans un hôtel, hors de la zone de rétention, car la loi prévoit qu’un mineur ne peut être détenu s’il n’a commis aucun crime. Parmi les 44 mineurs, 26 ont préféré partir sans attendre, peu confiants, et à juste titre, dans les autorités plus promptes à les parquer qu’à les accueillir.

La loi oblige les autorités à examiner au bout de quatre jours le maintien des migrants dans une zone de rétention. Cinq juges ont ainsi dû traiter 200 dossiers dans des délais très courts. La pénurie de juges, les moyens dérisoires alloués à la justice se sont retournés contre le gouvernement. Si les associations se sont organisées pour envoyer des avocats, la justice manquait d’interprètes, de locaux adaptés et surtout de temps. Même si les juges ont travaillé jusqu’à 1 heure du matin, conscients qu’ils ne pourraient pas juger en toute impartialité dans ces conditions, ils ont fini par devoir libérer, au grand dam du gouvernement, la grande majorité des déboutés du droit d’asile, et à les autoriser à quitter la zone de rétention.

Macron, toujours prêt à courir derrière l’extrême droite, s’est empressé de dire qu’il allait changer la loi, une nouvelle fois. Ce ne sera jamais que la 22e loi, en trente-deux ans, aggravant un peu plus les conditions de vie des réfugiés. De surcroît cette course à l’échalote du gouvernement contribue à répandre le poison du racisme et de la xénophobie, qui dresse les travailleurs les uns contre les autres et les affaiblit face à leurs exploiteurs. Elle fait ainsi le lit de l’extrême droite.

Aline URBAIN