Maisons-Alfort : mobilisation des locataires

26 Mai 2021

Dans le quartier populaire de Liberté Vert-de-Maisons à Maisons-Alfort, 227 familles ont reçu de leur bailleur In’Li un courrier leur indiquant que leur logement ne serait plus conventionné à partir de juin 2022.

La convention entre un bailleur et l’État impose le plafonnement des loyers. À l’inverse, le déconventionnement signifie qu’au renouvellement de contrat le bailleur peut aligner le loyer sur ceux des logements voisins, ou mettre fin au contrat pour vendre l’appartement. In’Li entend profiter de la spéculation immobilière liée à l’arrivée du Grand Paris Express et de la ligne 15 du métro pour exiger des travailleurs qui habitent ce quartier qu’ils payent des loyers à la hausse.

Depuis fin avril, des locataires ont organisé la riposte. Le 25 avril, une assemblée de 40 d’entre eux a voté comme revendication : « Non au déconventionnement. Non aux hausses de loyers. » Ils ont élu un collectif de 20 membres chargé de mettre en œuvre la riposte et fait signer une pétition par l’immense majorité des locataires. Ils ont financé et distribué des milliers de tracts, au RER, devant les supérettes et dans les boîtes aux lettres des autres HLM du quartier. Ils ont expliqué que, si In’Li parvient à déconventionner, d’autres bailleurs voudront suivre son exemple. Les commerçants du quartier ont affiché leur soutien.

Une assemblée de 60 habitants le 16 mai a constaté que, si le maire Olivier ­Capitanio, dirigeant du parti Les Républicains du Val-de-Marne, avait bien envoyé un courrier à In’Li lui demandant de revenir sur ce déconventionnement, il n’avait obtenu aucun résultat. Pourtant, le dirigeant d’In’Li est proche de lui puisqu’il s’agit de Benoist Apparu, ex-ministre du Logement de Sarkozy et membre lui aussi du parti LR.

Le maire n’ayant pas répondu aux demandes du collectif de venir rencontrer les habitants dans le quartier, une manifestation a été organisée pour le trouver en mairie le samedi 22 mai.

Un cortège très dynamique de 60 personnes a alors traversé les cités puis le centre-ville de Maisons-Alfort, aux cris de « Nos salaires sont bloqués, nos pensions sont bloquées, pas de hausse de loyers ! », « Le logement est vital, il doit rester social ! », ou encore « Un logement, c’est fait pour habiter, pas pour spéculer ! » Le maire, pourtant prévenu trois jours avant, était aux abonnés absents, mais cela n’a pas entamé le moral des participants.

Le lendemain, ayant reçu une invitation à une rencontre avec le maire, l’assemblée élisait 18 représentants et votait aussi l’organisation d’un rassemblement au siège d’In’Li à La Défense.

Correspondant LO