Éducation : progression du virus et dégradation de l’école

24 Mars 2021

S’appuyant sur les résultats des tests salivaires organisés dernièrement dans certaines écoles, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est félicité d’un taux de contamination en moyenne d’environ 0,5 %.

Un journaliste lui ayant fait remarquer que cela équivaut à 500 élèves [contaminés] pour 100 000, soit un taux supérieur au taux d’incidence national, Blanquer a avancé deux jours plus tard un autre pourcentage, 0,35 %, pour conclure : « Dans la population scolaire, il y a un peu moins de contaminations qu’en population générale. »

Il voudrait ainsi masquer l’absence totale de mesures destinées à permettre aux jeunes de continuer à apprendre dans de bonnes conditions. Depuis un an, il n’y a eu aucune embauche massive d’enseignants, de personnels de nettoyage, de surveillants, aucun recrutement exceptionnel d’étudiants ou de contractuels pour aider les élèves les plus en difficulté. Il n’y a pas eu de construction en urgence de préfabriqués, ni de mesures pour occuper les bibliothèques ou salles de réunion, de musée, aujourd’hui inutilisées, pour accueillir ces jeunes en petits groupes.

Pour l’année prochaine, non seulement il n’y aura pas d’embauche massive, mais dans de nombreux endroits il y aura moins d’heures d’enseignement dans le secondaire et des fermetures de classes en maternelle et primaire. Une situation contre laquelle beaucoup réagissent. À partir du 22 mars, surveillants et conseillers principaux d’éducation sont appelés à se mobiliser pour obtenir des créations de postes. Le principal syndicat de l’éducation, le SNES, appelle à la grève le 8 avril prochain tous ceux qui accompagnent les élèves en situation de handicap (AESH). Le gouvernement maintient en effet dans la précarité ces 110 000 AESH, qui jouent pourtant un rôle essentiel. Dans de nombreuses régions, parents et enseignants se mettent en grève, occupent les écoles, manifestent contre la baisse de moyens.

À la rentrée scolaire prochaine, la situation risque d’être beaucoup plus difficile encore, puisque des millions de jeunes scolarisés auront vécu une année et demie dans des conditions d’enseignement chaotiques. Toutes celles et tous ceux qui n’acceptent pas cette dégradation de l’école ont mille fois raison de réagir.

Aline RETESSE