PSA : des milliards de bénéfices et des suppressions d’emplois !

10 Mars 2021

À peine une semaine après l’annonce de la mort programmée de l’usine PSA de Douvrin dans le Nord, avec 1 500 suppressions d’emplois à la clef, la direction de Stellantis (ex-PSA) vient de décider 1 300 nouvelles suppressions d’emplois à travers des départs dits volontaires.

La saignée dans les emplois se poursuit donc pour continuer à augmenter l’exploitation de ceux qui restent… et faire tomber les milliards dans les poches des actionnaires. En 2020, malgré la baisse des ventes, malgré le confinement, malgré la fermeture des concessionnaires durant des mois, les bénéfices de PSA se sont élevés à 2,2 milliards d’euros. Il faut y ajouter deux milliards pour l’ex-FCA (Fiat-Chrysler Automobiles), l’autre partie du nouveau groupe Stellantis. Les actionnaires de celui-ci peuvent donc s’attendre à une pluie de dividendes pour accroître leurs fortunes. Ils se sont déjà partagé plus de 54 millions d’actions de Faurecia, qui valent actuellement plus de 2,2 milliards d’euros, et 308 millions de « cash ».

Ces sommes astronomiques ne tombent pas du ciel mais de l’exploitation des travailleurs de chacune des usines du groupe. Depuis le déconfinement, celles-ci tournent à fond, mais beaucoup d’intérimaires n’ont pas été repris. Le sous-effectif est énorme partout. Ainsi chaque goutte de sueur, et il n’en manque pas sur les chaînes de production, rapporte donc beaucoup plus aux actionnaires.

PSA a aussi accumulé des profits gigantesques en gelant les salaires depuis des années. Cette année encore, la direction a consenti une hausse ridicule de 12 euros net par mois. Alors, pour faire passer la pilule, elle a prévu une prime d’intéressement de 3 000 euros brut, soit 2 700 euros net. Mais elle n’est pas pour tout le monde ; pas pour les intérimaires, pourtant très nombreux sur les chaînes de montage ; pas pour ceux qui ont été malades ; pas pour ceux qui ont eu des absences. Bien sûr, personne ne rejette cette prime. Mais elle ne fait pas oublier le reste.

Il ne faut pas croire que les actionnaires sont rassasiés. Ils en demandent encore et encore. Parce que c’est la crise économique et donc la guerre entre les groupes automobiles, Carlos Tavares n’a pas attendu un mois pour dire aux travailleurs de Fiat, en Italie qu’ils étaient moins rentables que ceux de PSA. En même temps il cherche à mettre en concurrence ceux de Douvrin et ceux de l’usine Opel de Hongrie. Il fait planer une menace de fermeture sur l’une des deux usines Vauxhall en Grande-Bretagne.

La direction a un plan d’attaque, un programme contre tous les travailleurs du groupe. Aucun n’est à l’abri, dans aucune usine, dans aucun pays. Alors les travailleurs doivent aussi avoir leur programme de lutte pour défendre ce qui, pour eux, est vital : les emplois et les salaires.

Correspondant LO