Hop ! et Air France : des vols très terre-à-terre

03 Mars 2021

Hop !, filiale court-courrier d’Air France, qui veut supprimer près de la moitié de ses 2 600 emplois, vient déjà de voir son plan retoqué par la justice.

Elle en profitait pour reclasser dans sa maison-mère des pilotes et des navigants commerciaux (hôtesses et stewards) en leur imposant une perte d’ancienneté et une baisse de salaire. Ce qui est interdit par le Code du travail.

On a aussi appris que l’Inspection du travail allait engager une procédure pénale contre Hop !, cette fois pour fraude au chômage partiel. En effet, alors que ses pilotes sont au chômage partiel depuis un an, elle en fait voler certains un grand nombre d’heures, et même en heures supplémentaires. C’est que, le trafic aérien s’étant fortement réduit avec la crise sanitaire Air France veut pouvoir, sur certaines lignes, remplacer ses appareils, quand elle ne peut les remplir, par des avions plus rentables car plus petits, ceux précisément de Hop !

Air France pleure bruyamment misère en déclarant perdre dix millions par jour. Mais, même si elle dit vrai, ce qui n’est pas prouvé, il reste que, rapporté aux sept milliards bien réels que l’État français lui a déjà accordés, la compagnie a de quoi voir venir : l’État a d’ores et déjà épongé ses pertes pour deux ans. Et il s’apprête à remettre au pot, comme le ministre Le Maire l’a annoncé.

On le constate, cela n’empêche pas une des plus grandes entreprises du pays, comme nombre de ses pareilles, de gratter tout ce qu’elle peut en plus : en s’asseyant sur la loi, en faisant prendre en charge une bonne partie de ses salaires par l’Assurance chômage, ainsi qu’en s’en prenant aux conditions de travail et de rémunération de ses travailleurs.

Correspondant LO