Trou de la Sécurité sociale : utiliser les milliards du patronat !

30 Septembre 2020

Mardi 29 septembre, le gouvernement a annoncé, dans le cadre de la discussion du budget 2021 de la Sécurité sociale, un déficit de 44,7 milliards d’euros. En 2019, ce déficit était de 5 milliards d’euros et cette augmentation est attribuée à la crise du Covid.

Le gouvernement liste les achats de masques, le remboursement des tests, notamment PCR, les arrêts de travail, les aides au personnel soignant et aux hôpitaux dans le cadre des annonces du Ségur de la santé. À cela s’ajoutent la durée du congé paternel passé de 14 à 28 jours et la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à la prise en charge de la dépendance.

Le fait que des sommes plus importantes doivent être consacrées à la prise en charge d’une pandémie comme le Covid, ou à des aides aux personnes âgées ou dépendantes, n’a cependant rien d’anormal. Il ne devrait poser aucun problème et le financement de ces dépenses supplémentaires devrait être une priorité pour le gouvernement. Mais, dans un système qui considère les dépenses sociales et de santé comme des charges inutiles, la solution trouvée sera sans doute de s’en prendre aux retraités, en particulier en ne revalorisant pas les pensions. Et, pour financer la cinquième branche pour la dépendance, il est déjà question d’une nouvelle cotisation.

Le déficit de la Sécurité sociale et le « trou » que les experts aiment à qualifier d’abyssal annoncent déjà le prétexte pour demander de nouveaux sacrifices à la population, sans rien demander au patronat, pour qui au contraire le robinet des subventions est grand ouvert… à hauteur de 100 milliards d’euros et plus : un chiffre abyssal lui aussi.

Cédric DUVAL