Airbus : une déclaration de guerre aux travailleurs

01 Juillet 2020

Le « plan d’adaptation » concocté par la direction d’Airbus est tombé : 15 000 suppressions de postes dans l’ensemble du groupe, dont 5 000 en France, 6 000 en Allemagne, 900 en Espagne, 1 700 au Royaume-Uni et 1 300 répartis dans les sites d’autres pays.

Malgré les 15 milliards promis à la filière aéronautique, le PDG Faury justifie ce coup de hache dans les effectifs en affirmant : « Il est essentiel de retrouver rapidement notre équilibre industriel et financier, afin de pouvoir répondre à ce qui va se passer ensuite. » En clair : pour préserver les profits actuels et futurs des actionnaires, c’est aux travailleurs qu’il veut faire payer la note. Et si la direction assure qu’elle fera le maximum pour limiter l’impact de son plan, elle explique aussi ne pouvoir exclure les « mesures forcées », c’est-à-dire les licenciements secs.

Le gouvernement estime excessif le nombre de suppressions d’emplois. On va sans doute assister à une pseudo-négociation pour réduire légèrement le nombre des victimes. Mais, quelle que soit l’issue de ces marchandages, c’est une déclaration de guerre aux travailleurs.

Cette nouvelle attaque fait suite à celles subies par les travailleurs de la sous-traitance. Après Derichebourg, où un accord de performance collective, qui consiste à baisser les salaires, vient d’être imposé, le patron de Blanc Aéro à Villefranche-de- Rouergue veut en faire autant. Chez Expléo, c’est la même épée de Damoclès. Daher vient de préciser ses attaques contre les travailleurs : suppression de 1 300 postes en CDI et non-renouvellement de la grande majorité des 1 400 contrats d’intérimaires. La direction de Sogéclair vient quant à elle d’annoncer des suppressions d’emplois qui pourraient toucher 245 travailleurs. Les travailleurs d’Aubert et Duval, à Pamiers, viennent d’apprendre qu’Eramet, leur maison mère, envisage de se débarrasser de leur entreprise. Safran pourrait la racheter mais, dans ces opérations, quelles garanties pour les travailleurs ?

Des dizaines de milliers de travailleurs de l’aéronautique sont visés par cette attaque. Qu’ils soient salariés d’Airbus ou de l’un de ses sous-traitants, en emplois précaires ou embauchés, ils ne pourront s’y opposer qu’en faisant front commun.

Correspondant LO