Plus chère la vie

22 Avril 2020

« Avant, j’avais quinze jours de provisions pour 250 euros. Fin mars la note était de 330 euros. Mon panier de course a augmenté de 80 euros, c’est énorme ! », se plaignait cette mère de quatre grands enfants en sortant d’un Leclerc dans l’Essonne.

Selon l’UFC-Que Choisir, qui a comparé les prix mi-avril avec ceux de début mars, le lait a augmenté de 4 %, les pâtes de 5 %, la farine de 14 %. Produits indispensables en ces temps de gestes barrières, le savon a augmenté de 10 % et les lingettes nettoyantes de 21 %.

Une raison serait que des marques sont en rupture de stock, ce qui les obligerait à acheter des produits plus cher. De plus, alors que la population est appelée à moins se déplacer, le supermarché le plus proche du domicile n’est pas forcément le moins cher. De même les fruits et légumes sont souvent d’un prix plus abordable dans les marchés de plein air dont beaucoup restent fermés. Cette situation fait de l’aide alimentaire une des premières préoccupations des associations et des municipalités où se concentre la partie la plus pauvre de la population, avec les intérimaires qui ont vu leurs salaires s’évanouir en même temps que leurs emplois et d’autres travailleurs dont le salaire a diminué avec le chômage partiel.

La hausse des denrées agricoles est justifiée par les patrons de la grande distribution et les ministres, pour qui veut les croire, par une meilleure qualité des produits de l’agriculture française comparés aux importations. Quant à la diminution du coût du transport, avec moins de kilomètres parcourus et un carburant moins cher, le consommateur final n’en voit pas la couleur…

Sur ce plan-là aussi, ce sont les classes populaires qui paient le plus les conséquences de la situation de pandémie.

Lucien DÉTROIT