Hôpitaux de Paris : les promesses de Macron ne règlent rien

22 Avril 2020

L’annonce de la prime de 1 500 euros par Macron a entraîné chez certaines salariées des hôpitaux parisiens de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) des premières réactions assez favorables. Mais ensuite, les mêmes soignantes ont trouvé injuste que tout le monde ne l’ait pas. D’autant que bien des intérimaires viennent de villes dont les hôpitaux ne sont pas sur la liste des départements concernés.

Les soignants ont aussi noté que le gouvernement « souhaite » seulement qu’il en soit de même dans les Ehpad, sans se donner les moyens de l’imposer aux patrons des groupes de santé privés.

Dans d’autres services, notamment certaines réanimations, c’était l’unanimité contre la prime : « C’est pas ça qu’on veut. On veut une augmentation et des embauches ».

Bien que les réanimations se vident légèrement, le travail reste difficile. Il est d’ailleurs impossible de dire si cette décrue est définitive, et on observe toujours des allers-retours de patients en réanimation.

Les protections restent hétéroclites. Une des dernières trouvailles est un immense sac-poubelle qui descend jusqu’aux pieds avec un seul trou pour la tête. Pour les bras, il faut faire les trous soi-même et deux manchettes de protection indépendantes sont à enfiler avant. Pour la rapidité d’habillement, ça se pose là, mais ça remplace le sauna. Pour se contaminer en l’enlevant, c’est aussi impeccable. La direction doit venir faire un tuto in vivo et le personnel est curieux­ de voir le spectacle. Les journées sont longues : une infirmière de réanimation peut partir de chez elle à six heures et rentrer à vingt et une heures.

Une des difficultés concerne aussi le matériel qui change tous les jours, mais qui manque beaucoup. Les intérimaires s’en rendent compte par exemple en arrivant à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière : « En clinique, il y a tout le matériel nécessaire, ce n’est pas comme ici. » Une autre témoigne : « En clinique, il y a toute l’année des métiers transversaux », comme les soignantes qui commandent et distribuent le matériel. Une autre encore, qui a fait deux burn-out lorsqu’elle travaillait à l’AP-HP, est partie en intérim, justement pour ne plus subir cette situation.

Surtout, le personnel redoute la suite, quand les directions supprimeront le recours à l’intérim et que l’effectif se retrouvera aussi faible qu’avant. Et d’autre part, quelles seront les conditions d’une sortie d’épidémie ? Une soignante proposait à juste titre qu’après la vague de Covid-19, les salles soient nettoyées et laissées vides pendant quinze jours. Qu’en dira l’AP-HP ?

L’unanimité se fait aussi contre la reprise des écoles le 11 mai. Tout le monde comprend que cela signifiera le risque de déclencher une deuxième vague de Covid-19, avec pour seul but de remettre les parents au travail.

Correspondant LO