Migrants : dirigeants européens assassins

09 Janvier 2019

Selon le bilan du haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) publié le 3 janvier, 2 260 personnes sont mortes en mer en 2018 entre l’Afrique et l’Europe, soit six migrants par jour.

Les flux de migrants à travers la Méditerranée ont beaucoup diminué depuis deux ans, passant de un million en 2015 à 113 000 en 2018. Mais les gouvernements européens rendent cette traversée de plus en plus périlleuse pour les migrants et sont responsables de ce massacre. Car ils ne savent qu’ériger des murs, fermer des routes, fermer les frontières, fermer les ports, laissant les migrants mourir loin de leurs rivages. Et dans la continuité de leur politique criminelle ils refusent d’accorder des pavillons à des bateaux de sauvetage en mer comme l’Aquarius, qui a cessé de naviguer depuis le 6 décembre.

Cela force les migrants à chercher de nouvelles routes pour contourner les obstacles que les États mettent sur leur chemin. Le durcissement des contrôles sur les axes Turquie-Grèce et Libye-Italie pousse la moitié des migrants à tenter de gagner l’Europe par le Maroc et l’Espagne, tels ces deux adolescents découverts à l’intérieur d’un rembourrage de matelas, le 30 décembre, par des gardes civils espagnols de Melilla.

De même, à Calais, les contrôles renforcés des ports de ferries et de l’Eurotunnel aboutissent à ce qu’un nombre croissant de migrants, essentiellement iraniens, risquent la noyade ou l’hypothermie dans la Manche pour rejoindre l’Angleterre, à la nage ou sur des bateaux de fortune… au point que les ministres de l’Intérieur français et britannique annoncent ensemble qu’ils vont renforcer leurs dispositifs policiers maritimes pour contrôler les côtes et repousser encore et toujours les migrants.

Tant que l’impérialisme pillera les richesses de l’Afrique et du Moyen-Orient et y soutiendra les pires dictatures, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants continueront de quitter leur pays pour fuir la misère et la guerre, coûte que coûte. Le verrouillage des frontières ne fait que les condamner à une mort plus certaine.

Julie LEMÉE