Logement : expulsés par les financiers

09 Janvier 2019

Dimanche 6 janvier, la police a violemment délogé à Paris 200 personnes qui occupaient un bâtiment vide avec les militants du Droit au logement (DAL).

Cet immeuble de dix étages était inoccupé depuis plus d’un an. Il avait été loué par le groupe Amundi, une des principales sociétés financières françaises de gestion d’actifs, au ministère de l’Intérieur qui y abritait sa brigade financière. Il n’était pas question pour la police de laisser s’y installer des SDF et des mal-logés.

Une occupante évacuée dénonçait le fait qu’elle était depuis cinq ans logée par le 115 dans une chambre de 23 mètres carrés avec ses enfants. D’autres couchaient dehors. Pour les autorités qui ont ordonné l’évacuation de l’immeuble, une telle situation n’est visiblement pas scandaleuse. Ce qui compte, c’est qu’Amundi ne soit pas entravé dans ses prochaines opérations immobilières par la présence d’occupants dans son immeuble.

Comme le dénonçaient les militants du DAL il y avait au 1er janvier 2018 trois millions de logements vides dans le pays selon l’Insee, dont 350 000 à Paris. Toutes les mesures parfois évoquées pour réquisitionner les logements et les bureaux vides sont restées lettre morte, la seule réalité concrète étant l’action de la police qui vient déloger ceux qui tentent de s’y abriter. Pendant ce temps, des hommes, des femmes et des enfants dorment dans la rue ou s’entassent dans des cagibis insalubres.

Cette situation constitue une violence permanente, connue et tolérée par tous les gouvernants qui aujourd’hui se scandalisent d’une porte de ministère enfoncée par quelques gilets jaunes.

Daniel MESCLA