Hongrie : démagogie nationaliste, lois esclavagistes

09 Janvier 2019

En Hongrie, plusieurs milliers de personnes ont défilé à l’appel des mouvements d’opposition et des syndicats, samedi 5 janvier, dans le centre de Budapest, pour protester contre la loi qualifiée d’« esclavagiste » réformant le Code du travail.

Cette loi fait passer de 250 à 400 le nombre des heures supplémentaires annuelles que les employeurs pourront demander à leurs salariés, soit l’équivalent de deux mois de travail. Elle prévoit en outre la possibilité de les payer trois ans plus tard. Son vote au Parlement, le 12 décembre, a déclenché une vague de manifestations dans la capitale et dans de nombreuses villes de province. « On ne veut pas travailler plus, on veut pouvoir vivre correctement en travaillant huit heures par jour ! », dénonçaient de nombreux manifestants.

Le gouvernement justifie cette réforme par le manque de main-d’œuvre du fait de l’émigration de milliers de Hongrois partis tenter leur chance en Europe de l’Ouest. Mais, en réalité, cette loi est destinée à satisfaire les grandes entreprises internationales, attirées par le bas niveau des salaires. En Hongrie, le salaire minimum se monte à 149 000 forints brut (463 euros). C’est le cas en particulier dans le secteur automobile qui, avec des entreprises comme Mercedes, Suzuki et Opel, emploie 155 500 personnes et représente 20 % des exportations du pays.

Le Premier ministre ­Orban se pose en champion d’une politique nationaliste et antimigrants, prétendant ainsi « protéger le peuple hongrois contre la menace étrangère ».

Mais sa démagogie lui sert à asseoir son pouvoir et à faire accepter des sacrifices à la population. L’actuelle réforme du Code du travail montre la réalité de sa politique qui consiste à s’attaquer aux droits des travailleurs, à aggraver l’exploitation et la pauvreté pour répondre aux exigences des capitalistes, quelle que soit leur nationalité.

De la démagogie antimigrants aux attaques antiouvrières, il n’y a qu’un pas : c’est une seule et même politique.

Marc RÉMY