Partage du travail : un emploi pour chacun avec un salaire décent

04 Janvier 2017

Benoît Hamon, le candidat à la primaire socialiste, a déclaré à propos du travail : « Ceux qui en ont un sont débordés et parfois en souffrance, on constate une explosion de cas de burn-out, et dans le même temps, le travail manque et se fait précaire. Il faut repenser la répartition. » Et, insistant sur la nécessité du « partage du travail », il a indiqué quelle en serait la voie : « Inciter les entreprises à changer leur organisation du travail, à réduire le temps de travail. On peut le faire à condition qu’on ne gaspille pas l’argent public. »

En clair, cette « incitation » à partager le travail passerait par l’octroi « à bon escient », des milliards d’aides publiques qui sont offertes chaque année aux entreprises. Cela revient à faire ce que tous les gouvernements de droite comme de gauche ont fait depuis des années, donner des milliards au patronat pour l’inciter à créer des emplois, ce qui a rempli ses caisses sans jamais faire baisser le chômage.

Pourtant, imposer un véritable partage du travail est bien le fond du problème pour combattre le fléau du chômage et permettre à chacun d’avoir un véritable emploi et un salaire digne.

Mais il est grotesque d’attendre le bon vouloir du patronat pour créer des emplois, comme le proclament tous les postulants à la présidentielle, et Benoît Hamon également. De façon très consciente, la bourgeoisie mène une guerre au monde du travail en vue de réduire à tous les niveaux la part qui lui revient pour vivre. À travers les licenciements, à travers la précarité généralisée et la baisse globale des salaires. C’est à cela qu’il faut s’attaquer. Et refuser de le dire, comme le font tous les candidats investis ou potentiels des grands partis, revient à en être complice, et postuler à en être acteur demain, une fois élu.

Alors oui, il faut imposer qu’un travail soit offert à chacun des quelque six millions de chômeurs du pays. Chômeurs à plein temps ou qui doivent tenter de survivre avec des petits boulots ou des emplois à temps partiels. Et pour cela il faut que toute la classe ouvrière, du manœuvre à l’ingénieur, ouvrier ou employé, travailleur manuel ou intellectuel, unisse ses forces et prenne conscience de ses intérêts communs, pour imposer un véritable partage du travail à l’échelle du pays. Partage du travail ne veut pas dire partage des bien maigres salaires avec lesquels l’immense majorité doit vivre. Au contraire, pour que cela ait un sens et unisse l’ensemble du monde du travail, ceux qui ont un emploi comme ceux qui n’en ont pas, il faut exiger que chacun dispose d’un salaire décent pour vivre. Et pour imposer les embauches nécessaires, il faut recenser les besoins dans tous les secteurs, dans toutes les professions et dans toutes les régions. Pour donner un travail utile, il faut faire le compte de tout ce qui manque aujourd’hui en matière de construction de logements, d’écoles, d’hôpitaux, de moyens de transport, de routes, etc. Cela nécessite que les travailleurs et la population exercent un contrôle sur l’organisation de l’économie.

Ce ne sont pas les bulletins de vote qui obligeront la classe capitaliste à abandonner une part de ses profits passés, présents et à venir. Mais il importe avant toute chose que la classe des travailleurs, qui regroupe chômeurs, actifs et retraités, puisse se rassembler sur un programme de revendications vitales et indispensables. C’est justement le sens de la candidature de notre camarade Nathalie Arthaud. Voter pour elle c’est voter pour des revendications qui seules pourront mettre fin au drame du chômage et de tout ce qui l’accompagne.

Paul SOREL