Migrants : les damnés de la terre

04 Janvier 2017

Le 1er janvier, un millier de migrants ont pris d’assaut la clôture de Ceuta, en Espagne, qui constitue la frontière terrestre entre l’Afrique et l’Europe.

Pour empêcher les réfugiés de parvenir en Europe, une double barrière de six mètres de haut, renforcée de barbelés et surveillée, a été érigée. Seuls deux migrants sont parvenus à entrer en Espagne, les autres ont été refoulés au Maroc. L’assaut a été particulièrement violent, les migrants s’étant armés de barres de fer, de cisailles et de pierres pour faire face aux forces de l’ordre.

Le nombre de ces migrants qui fuient la guerre et la misère n’a fait qu’augmenter ces dernières années. Les réfugiés syriens sont passés de 320 000 à 5 millions de 2012 à 2015. En tout, le haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) compte 21 millions de réfugiés et 65 millions de déracinés sur la planète.

Ce sont les pays les plus pauvres qui doivent accueillir la plus grande partie de ces réfugiés. Ainsi, un quart de la population libanaise est constituée de réfugiés. Le Kenya possède plusieurs camps de réfugiés, dont le plus grand, celui de Dadaab, comprend plus de 640 000 réfugiés. La Turquie accueille 2,5 millions de réfugiés et le Pakistan 1,6 million. Ces hommes, ces femmes, ces familles sont parqués pendant des années, sans avenir, le plus souvent sans possibilité de travailler, sans possibilité de se soigner et d’éduquer leurs enfants. L’Europe n’accueille que 6 % de l’ensemble des réfugiés. Les États les plus riches, qui auraient les moyens d’accueillir plus largement, ferment toujours davantage leurs frontières, élevant des murs toujours plus hauts… qui condamnent des millions d’hommes à risquer toujours plus leur vie.

Inès Rabah