Création d’emplois : un patronat chasseur de primes

04 Janvier 2017

En janvier 2016, Hollande décidait une prime dite à l’embauche, destinée aux PME (petites et moyennes entreprises). Un an après, l’organisme officiel des statistiques économiques, l’Insee, en a fait un premier bilan. Il est édifiant.

Cette prime, écrit l’Insee, « ne semble pas avoir eu d’effet facilement interprétable sur les recrutements en CDI ». Quant aux CDD d’au moins six mois, il constate qu’il y en a plus, mais considère que ladite prime n’y est sans doute pour rien.

Avec toute la prudence de rigueur pour une institution officielle, l’Insee doute donc fortement de l’efficacité de ce dispositif censé favoriser les créations d’emplois.

Cela n’empêche pas, au contraire même, et l’Insee le souligne, que cette mesure a connu un gros succès du côté des employeurs. Ils ont été 1,1 million, dont des filiales de grands groupes, à se ruer sur ce dispositif pour profiter de l’aubaine. Résultat, sur un an, plus de la moitié des recrutements en CDD d’au moins six mois et plus d’un tiers des CDI en ont bénéficié, dit l’étude. En fait, ce sont les patrons qui en ont bénéficié, empochant une prime qui peut atteindre 500 euros versés chaque trimestre durant deux ans, pour tout recrutement à un salaire ne dépassant pas 1,3 smic. Du coup, des employeurs en ont même profité pour baisser leur salaire d’embauche… afin d’empocher ce cadeau !

En clair, sous prétexte d’embauche, on a là une prime à l’enrichissement patronal. Une de plus.

Pierre LAFFITTE