Automobile : ventes en hausse… exploitation aussi

04 Janvier 2017

Les patrons de l’automobile sont heureux : c’est la meilleure année pour la vente de voitures neuves en France. PSA a réalisé le plus grand nombre d’immatriculations. Le groupe Renault a réalisé sa meilleure performance depuis cinq ans et, sur l’année 2016, Dacia a battu un nouveau record de ventes.

Le directeur commercial de Renault pour la France s’enthousiasme : « Le renouvellement de la gamme est un succès et nous a permis de tirer profit du marché (…), nous envisageons une année 2017 encore meilleure. »

Vu du côté des travailleurs, les patrons ont surtout tiré profit de la surexploitation imposée depuis des années par des plans de compétitivité. Les suppressions d’emplois se sont multipliées : 17 000 en quatre ans à PSA Peugeot Citroën, près de 11 000 chez Renault depuis 2013. L’emploi précaire est la règle : CDD, intérimaires, apprentis ou prestataires constituent le quart des travailleurs de Renault.

L’intensité et la durée du travail se sont accélérées : cadence en hausse, équipe de week-end, de nuit, samedis travaillés, allongement de la journée de travail, voilà ce qui a permis de produire davantage avec moins de travailleurs. C’est le cas à PSA Mulhouse, par exemple, avec pourtant une ligne de montage au lieu de deux. Les jours de RTT disparaissent, utilisés par les patrons lors des périodes de chômage, quand ils ne les suppriment pas tout simplement. Ainsi, le calcul du temps de travail, modifié par la direction de l’usine Renault de Flins lors du plan de compétitivité de 2013, a entraîné la perte de 18 jours et demi de RTT pour les travailleurs.

De plan de compétitivité en plan d’hypercompétitivité, les patrons veulent continuer sur leur lancée vers un maximum de profits : PSA a annoncé en octobre 2016 la suppression de plus de 2 000 emplois supplémentaires. Renault prévoit, dans les sites de production, des heures supplémentaires obligatoires.

Voilà ce qui leur fait envisager une année 2017 encore meilleure… pour le portefeuille des actionnaires.

Sylvie MARÉCHAL