Traité UE-Canada : l’ennemi, c’est le capitalisme26/10/20162016Journal/medias/journalnumero/images/2016/10/2517.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Traité UE-Canada : l’ennemi, c’est le capitalisme

Les représentants de l’Union européenne et de ses gouvernements se sont indignés du report de la signature de l’accord économique et commercial global avec le Canada, le Ceta, dont la négociation a commencé en 2009. En effet ce traité commercial devait être approuvé par tous les membres de l’Union européenne, mais la Wallonie, un des cinq gouvernements de la Belgique, État fédéral, y a opposé son veto.

Qu’une assemblée d’élus d’un État qui réunit 0,5 % de la population européenne puisse être la cause de cet échec les scandalise, mais ils trouvent tout à fait normal que ce traité ait été négocié secrètement et qu’il n’ait jamais été question de demander l’avis des populations. La signature d’un traité exige la ratification des Parlements, expressions pourtant bien déformées de l’opinion, mais les dirigeants européens ne veulent pas que ces derniers deviennent des grains de sable dans la mécanique bien huilée de leurs institutions.

Le Ceta, présenté comme un accord favorable à tous, répond évidemment d’abord aux problèmes des groupes capitalistes. Pour eux, les frontières européennes et a fortiori nationales sont devenues bien trop étroites depuis longtemps, que ce soit pour placer leur capitaux et leurs marchandises ou pour s’approvisionner en matières premières.

Dans cette période de crise, de tels traités suscitent la méfiance d’une partie de la population, dans tous les pays européens et, dans ce cas, aussi au Canada. Ouvriers, agriculteurs, éleveurs craignent d’autant plus la concurrence venue d’autres pays que les gouvernants ne savent que leur dire que c’est à eux de s’adapter, quitte à fermer boutique ou à se retrouver au chômage. Cette méfiance est plus que compréhensible et il n’y a pas à prendre pour argent comptant les assurances des gouvernements et experts en tout genre qui viennent dire qu’il y a tout à gagner à ce traité.

Mais le vrai problème n’est pas le Ceta. Ce n’est pas non plus la libre concurrence en soi, mais le pouvoir des grands groupes capitalistes sur l’économie.

En France, des organisations comme le PCF ou le parti de Mélenchon, qui prétendent représenter le monde du travail, prennent comme cheval de bataille la lutte contre le Ceta, comme cela avait été le cas du Tafta, l’accord du même type discuté avec les États-Unis. Comme si tout le problème venait des États-Unis ou du Canada, en dédouanant du même coup les capitalistes européens. C’est encourager le nationalisme, handicap pour les luttes futures contre l’exploitation capitaliste et ce système économique.

À l’inverse des promoteurs de ces traités comme de ses opposants, les travailleurs ont à combattre ce système sans se focaliser sur des traités qui ne sont que des reflets des rapports de force entre les groupes capitalistes.

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