Loi biodiversité : le Sénat protège les intérêts capitalistes

01 Juin 2016

Le Sénat a édulcoré plusieurs articles de la loi sur la biodiversité censée combattre les nuisances frappant la nature.

Il a ainsi repoussé à une date indéterminée l’interdiction des insecticides de la famille des néonicotinoïdes. Ceux-ci sont mortels pour les abeilles et nuisibles à l’environnement. Ils représentent cependant 40 % des insecticides sur le marché et sont produits par des géants de l’agroalimentaire comme Bayer ou Syngenta. Ces trusts et les gros agriculteurs combattent cette interdiction. Ils ont manifestement trouvé l’oreille des sénateurs.

Autre article rayé du texte, celui qui prévoyait l’interdiction du dragage des fonds marins dans les zones où se trouvent des coraux. Un sénateur d’outre-mer a clairement exprimé les raisons de ce choix. « Les travaux du grand port maritime de Guadeloupe sont en cours, d’autres seront bientôt lancés en Martinique. Le développement économique en dépend. Il ne peut être question de menacer les opérations de dragage », a-t-il proclamé. Pour les sénateurs, les capitalistes qui pilotent ces projets sont des espèces les plus en danger !

Le Sénat a également annulé l’interdiction du chalutage en eau profonde qui ravage les fonds sous-marin. En France, c’est Intermarché qui possède la majorité des navires pratiquant cette pêche.

Le texte va maintenant passer à l’Assemblée nationale avant d’être adopté. Il est à l’étude depuis deux ans. Il faut du temps pour que tous les lobbys puissent se faire entendre !

Daniel MESCLA