Liberté de la presse : à combien la ligne ?

01 Juin 2016

Jeudi 26 mai, dans le cadre de la journée d’action contre la loi travail, la CGT du Livre, regroupant les ouvriers qui fabriquent les journaux, avait demandé aux patrons de presse de passer un communiqué expliquant le point de vue syndical sur la loi travail.

Les quotidiens nationaux, à l’exception de L’Humanité, ont refusé. La CGT s’est donc tournée vers un autre moyen d’action pour s’exprimer, la grève, et les journaux n’ont pu sortir dans leur version papier.

Cette action, pourtant légitime et légale, a déclenché un tollé du PS au FN, et toute la scène médiatique, rédacteurs en chef et directeurs, a crié au retour du goulag, du parti unique et du stalinisme. Tous ceux qui se disaient bâillonnés ont vite trouvé micros et caméras et on les a entendus, comme on les entend tous les jours…

Ceux qui crient ainsi à la liberté de la presse sont les salariés des grands patrons, de Bouygues, de Dassault, de Lagardère, d’Arnault et autres qui détiennent les titres de la presse écrite, mais aussi les radios et les télévisions. Ils plaident chaque jour pour la baisse du prétendu coût du travail, calomnient les ouvriers qui luttent, crachent sur les syndicalistes, bénissent les ventes d’armes, soutiennent les profiteurs de guerre. Même lorsqu’un de leurs patrons respectés les vend, meubles et immeubles, titres et conscience professionnelle compris dans la transaction, ils considèrent encore que cela fait partie de la liberté de la presse, dans ce pays de la « libre entreprise ».

Cette liberté de la presse-là, c’est la liberté des capitalistes de se payer des organes de presse pour défendre leurs intérêts particuliers et ceux de leur classe, la liberté que s’arrogent les possédants de donner, jour après jour, leur version des choses. Mais, même pour ce faire, les capitalistes ont besoin du travail des ouvriers, comme la grève des travailleurs du Livre l’a rappelé à ces messieurs !

Paul GALOIS