Sommet de Munich : démagogie antimigrants

17 Février 2016

Samedi 13 février, à l’occasion d’une conférence internationale sur la sécurité qui se tenait à Munich, Valls a tenu à afficher sa différence avec Angela Merkel au sujet de l’accueil des migrants. « Je suis venu faire passer un message d’efficacité et de fermeté », a-t-il déclaré alors qu’il visitait un centre d’accueil temporaire pour réfugiés, répétant à plusieurs reprises : « L’Europe ne peut pas accueillir davantage de réfugiés. »

Valls a affirmé que la France tiendrait son engagement d’accueillir 30 000 personnes d’ici trois ans, chiffre déjà bien dérisoire en comparaison du million de personnes entrées en Allemagne en 2015. « Mais pas plus », a-t-il insisté. En fait, il n’est même pas certain que cette promesse soit respectée car, fin janvier, seuls 62 réfugiés ont effectivement trouvé asile en France dans le cadre de ce plan de relocalisation des migrants.

Les solutions sont « au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée », a conclu Valls. Autrement dit, ces pays doivent se débrouiller pour gérer l’afflux des migrants et surtout pour les garder sur leur territoire. En affichant son cynisme, le Premier ministre soigne son image d’homme à poigne, pour tenter de plaire à l’électorat de droite et d’extrême droite. Il se moque bien de le faire aux dépens du sort de quelques millions de femmes et d’hommes, condamnés à subir des conditions de vie indignes et inhumaines.

Hélène COMTE