Sarkozy mis en examen : tempête dans une timbale dorée

17 Février 2016

Le 16 février, Sarkozy a été mis en examen pour les fraudes liées aux dépassements de frais de sa campagne électorale de 2012. Ces dépassements, évalués pour l’instant à des millions d’euros, auraient été camouflés dans un système de fausses factures entre l’entreprise Bygmalion, organisatrice d’événements, et la trésorerie de l’UMP. Les sommes en cause sont tellement énormes que Sarkozy lui-même ne pouvait pas ne pas être au courant, d’autant que c’est lui qui réclamait pour ses meetings des mises en scène pharaoniques.

Pour son malheur, l’ancien président de la République n’a trouvé personne pour porter le chapeau à sa place, comme Juppé l’avait fait pour Chirac dans les sombres affaires de la mairie de Paris. En particulier Copé, à l’époque chef de l’UMP et ami personnel des dirigeants de Bygmalion, loin de sauver la mise à Sarkozy, lui a soigneusement savonné la planche.

Journaux et télévisions sont depuis remplis de cette grave question : cette mise en examen va-t-elle changer la donne pour la primaire de la droite et donc pour la présidentielle ? Non, cette élection verra, comme toujours, une cavalcade de candidats de l’ordre établi dépenser des fortunes pour exiger des classes populaires qu’elles se serrent la ceinture. Que Sarkozy soit du nombre n’a d’importance que pour lui, ses amis s’il en a, et ses clients s’il en reste.

Paul GALOIS