Remaniement ministériel : pitreries politiciennes

17 Février 2016

Fabius ayant fait valoir ses droits à une retraite confortable au Conseil constitutionnel et l’élection présidentielle approchant, Hollande a procédé à un ajustement ministériel.

Pour l’important, les ventes d’armes aux dictatures, les marges des capitalistes, les placements des banquiers, la police et la propagande réactionnaire, rien ne change. Le Drian, Sapin, Macron, Cazeneuve restent en place, sous la houlette de Valls. Pour le reste et en vue d’une éventuelle candidature en 2017, Hollande s’est accordé un peu de fantaisie.

Il a voulu couper l’herbe sous le pied des écologistes en embauchant trois des leurs. Placé et Pompili, qui avaient abandonné leur parti depuis longtemps, Cosse, qui l’a laissé tomber pour l’occasion, entrent ainsi au gouvernement, sans qu’on puisse en attendre quoi que ce soit.

Pour donner satisfaction à tous ses alliés potentiels et pour parvenir à avoir autant de femmes que d’hommes dans le gouvernement, Hollande a inventé le secrétariat d’État à la biodiversité. Cette dernière s’est aussitôt manifestée, au moins sur le plan ministériel, avec l’éclosion de secrétariats d’État à la Simplification, à l’Aide aux victimes et à l’Égalité réelle.

Le retour de Jean-Marc Ayrault est qualifié de caution de gauche, tant par les commentateurs politiques que par les soutiens du gouvernement. Il doit en être lui-même le premier surpris, n’ayant jamais rien fait pour mériter ce titre.

Ces manœuvres et ces contorsions seront-elles de quelque utilité pour faire réélire Hollande ? On peut en douter, tant est profond le dégoût légitime que sa politique a suscité chez les électeurs de gauche, particulièrement dans les couches populaires. Et, comme il n’est pas question qu’il change cette politique qui sert si efficacement le grand capital, il ne lui reste que ces lamentables pitreries.

Paul GALOIS