Borne bouge pour la galerie

08 Février 2023

48 heures avant la troisième journée de grèves et de manifestations contre sa réforme des retraites, la Première ministre Élisabeth Borne a dit entendre les manifestants.

Dans une interview au Journal du Dimanche, sobrement titrée « nous allons bouger », elle a annoncé que les entreprises au-delà de cinquante salariés, et pas seulement au-delà de 300, allaient être concernées par l’index senior. Et d’ajouter que, éventuellement, celles qui ne comptent pas assez de travailleurs âgés seraient réprimandées. Voilà qui fera une belle jambe, et une mince pension, aux centaines de milliers de travailleurs qui attendent au chômage, voire au RSA, d’avoir atteint l’âge légal de départ en retraite. Le patronat, qui veut pouvoir continuer à se débarrasser des salariés trop fatigués, a quand même protesté, pour la forme.

D’autre part, la Première ministre a concédé que les salariés qui auraient commencé entre 20 et 21 ans et justifieraient de 43 annuités pourraient partir à 63 ans au lieu de 64. D’après les calculs ministériels cette mesure toucherait tout au plus 30 000 personnes par an. C’est cela que Borne appelle « bouger »…. Même lorsqu’elle prétend concéder quelque chose, la Première ministre démontre la nocivité de sa réforme !

Ces annonces visaient en fait à donner aux députés de droite qui rechignent encore un prétexte pour changer d’avis et soutenir le projet gouvernemental. Manifestement cela n’a pas suffi et quelques députés de droite n’en continuent pas moins à prendre, à bon compte contre ce gouvernement, des postures de défenseurs du peuple. Quant aux travailleurs, que Borne se fiche en fait de convaincre, ils n’ont que faire de misérables concessions et exigent que le gouvernement retire tout son projet.

Paul GALOIS