Euronaval 2022 : la guerre, une bonne affaire

19 Octobre 2022

Du 18 au 21 octobre, 450 fournisseurs des marines de guerre et leurs clients, venus de trente pays, se sont retrouvés au salon Euronaval du Bourget, dans la joie et l’optimisme.

La bonne nouvelle était sur toutes les lèvres et dans tous les esprits : la guerre, la vraie, celle qui consomme du matériel et des hommes, est de retour !

Du chef d’état-major de la marine au PDG de Navalgroup, héritier des arsenaux de la marine, de MDBA, fabricant de missiles, jusqu’aux chantiers civils qui se reconvertissent dans le militaire, tous se réjouissent de ce que la guerre en Ukraine et les tensions avec la Chine ou en Méditerranée promettent de nouveaux contrats. Toutes les marines se réarment, de l’Australie à la Suède, de la Chine aux États-Unis, de l’Inde à l’Algérie. Dans tous les pays, les crédits d’armement, en particulier maritime, sont à la hausse. La France, puissance invitante, renouvelle toutes ses frégates, lance une nouvelle génération de sous-marins, promet un porte-avions neuf pour 2035, invente et fabrique de nouveaux missiles. Et ses industriels proposent naturellement tous ces engins à l’exportation, aidés par les amiraux, les diplomates, des ministres et le président lui-même. L’État a évidemment amorcé le marché en payant les études, en garantissant les premières ventes, en augmentant de près d’un tiers les dépenses militaires depuis 2018.

Les chefs militaires parlent, depuis la guerre en Ukraine, du retour de conflits de haute intensité, opposant des armées d’égale puissance, voire les grandes puissances entre elles. Ils en font évidemment porter la responsabilité à leurs adversaires actuels ou futurs, la Russie et la Chine. Mais, pour en avoir le cœur net, il suffit de voir la ruée sur les contrats d’engins de mort, la complaisance des médias, la façon dont les gouvernements favorisent leur sale commerce et le besoin de sang et de rentabilité rapide exsudé par tous les pores de cette société.

Paul GALOIS